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Saint Nicolas de Port

Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 17:16

Publié dans : Saint Nicolas de Port

cameravideosurveillanceDans un précédent article, j'évoquais le projet de la part du maire, Luc BINSINGER, d'installer en ville des caméras de vidéosurveillance. Officiellement pour combattre la délinquance croissante en centre-ville...

 

La première chose qu'il faille avoir à l'esprit, c'est qu'il existe une grande différence entre vidéosurveillance dans des lieux privés (caméras individuelles, de protection du domicile ou des entreprises par exemple, généralement assurée par une société privée) et "vidéoprotection" (selon le langage politiquement correct en vigueur actuellement) dans des espaces publics.

A mon sens, il convient même de faire une différence entre vidéoprotection dans les espaces publics ouverts et dans les espaces publics fermés...

Un besoin identifié

La Loi française définit un régime particulier pour l'installation et l'utilisation de caméras de surveillance dans des espaces publics. Il est ainsi tout à fait possible pour une collectivité de disséminer sur son territoire des caméras, à la seule condition qu'elles répondent à un objectif de préservation de l'ordre public dans des lieux très précis.

Pour des questions de sécurité et d'ordre publics, il n'est nul besoin d'autorisation particulière pour surveiller les bâtiments publics et leurs abords. Pour les mêmes raisons, il n'en faut pas non plus pour surveiller les rues et les trottoirs (gestion du trafic et de la circulation, stationnement gênant...).

Toutefois, pour pouvoir surveiller d'autres endroits, comme porches, squares, places..., une autorisation spéciale est requise. Ainsi le risque criminel doit au préalable être identifié et quantifié : la présence d'actes de vandalisme, de délinquance, d'incivilité doit être clairement démontrée. Et le taux de criminalité doit être significativement élevé sur le lieu à surveiller.

En tout état de cause, la collectivité territoriale qui installe les caméras est ensuite responsable du fonctionnement : la surveillance ne peut en aucun cas être déléguée à un prestataire privé (société de surveillance). La vidéoprotection doit alors être effectuée par du personnel municipal, généralement un agent de police municipale. Un arrêté municipal doit définir précisément quelles personnes sont habilitées à visionner et utiliser les images.

Questions

A ce stade de la réflexion, je me pose plusieurs questions :

1) La vidéoprotection est-elle la solution contre les actes de déliquance commis dans notre centre-ville ? Quelle place est allouée à la prévention et au lien social ?

2) L'efficacité de la vidéoprotection n'a jamais été fermement démontrée que par les sociétés privées de surveillance (pour vendre du service) ou par certains élus d'une droite préconisant l'outil répressif et coercitif. Des caméras seraient-elles efficaces dans la lutte contre la criminalité à Saint-Nicolas-de-Port ? La plupart des élus de droite comme de gauche qui ont succombé à l'attrait de la vidéoprotection reconnaissent que l'installation des caméras joue principalement un rôle psychologique, d'une part sur les délinquants dissimulés, encapuchonnés, qui choisissent alors de se déplacer, d'autre part, plus limitée encore, sur les riverains, qui espèrent que les interventions policières seront plus rapides.

3) La ville a-t-elle les moyens de financer du personnel municipal destiné à la vidéoprotection ?

4) La ville a-t-elle les moyens de financer cette technologie ? Comme je ne veux pas paraître de mauvaise foi, je vais citer des exemples de communes socialistes qui ont fait le choix de la vidéoprotection.

- Daniel Goldberg, maire PS de la Courneuve, assure que les 13 caméras qu'il a fait installer dans les zones extrêmement sensibles de sa ville ont coûté à la collectivité 543.000€ à l'investissement et coûtent en fonctionnement 242.000€ par an.

- François REBSAMEN, maire PS de Dijon, reconnaît que l'installation des 26 caméras dans la capitale bourguignonne "coûte cher à la collectivité" et estime l'investissement de départ à 500.000€ et le fonctionnement annuel à 250.000€.

- La ville de Longvic, ville PS de 9.000 habitants, où je fus candidat en 2001 aux élections municipales sur la liste majoritaire, s'est dotée d'un système de vidéoprotection : un investissement de 200.000€ pour 21 caméras et un coût de fonctionnement de 20.000€ par an.

C'est donc un investissement lourd, auquel il faut ajouter, entre autres, les études de faisabilité (environ 30.000€), les charges de personnel (pour 20 caméras, 5 agents, soit 140.000€ par an) et les locaux destinés à la vidéoprotection locale (20.000€ par caméra en moyenne).

Pragmatisme

Dans un article publié sur son blog, Saint Nicolas (tristes) Perspectives, association de soutien à l'équipe de Luc BINSINGER, nous accuse de mettre en avant la seule question des libertés individuelles pour nous opposer à la vidéoprotection. Eh bien non ! Nos priorités, ce sont :

- les dépenses publiques et l'usage qui est fait de l'argent du contribuable

- le rapport entre efficacité et investissement financier

- la préservation des libertés individuelles.

Affaire à suivre..

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