Immobilier à Saint-Nicolas de Port : lors du conseil municipal du11 mai 2010, une délibération portait sur un droit de préemption de la bâtisse située à l'intérieur du Parc
Hanus...
Pour replacer dans le contexte, une société privée, l'EURL ARCOLE ARCHI, a sollicité auprès de la commune l'acquisition du bâtiment situé à l'intérieur du Parc Hanus (Villa du Parc Hanus, anciens bains-douches), de ses dépendances ainsi que d'une parcelle de terrain. L'objectif est de créer une résidence (de luxe) pour quelques séniors.
Voici mon intervention au conseil municipal :
Tout d'abord, nous tenons à signaler que contrairement à ce qui est mentionné à 2 reprises dans la note de synthèse, aucun plan n'est joint en annexe.
Pour en revenir au point qui nous intéresse ce soir, nous sommes particulièrement partagés.
Nous ne sommes pas opposés à ce qu'un projet privé qui permette la rénovation d'un bâtiment lié à l'histoire de Saint Nicolas de Port voie le jour. Nous ne sommes pas non plus opposés à la revalorisation foncière du centre-ville qui découerait de cette opération. Nous espérons également que la création d'une résidence pour séniors favorisera le développement de relations intergénérationnelles dans notre commune.
Toutefois nous émettons également un certain nombre de réserves sur la pertinence du projet :
1) l'emprise foncière semble amputer de manière importante l'un des rares espaces réservés aux enfants dans le centre-ville ;
2) l'accès, en particulier aux camions de livraison, semble problématique ;
3) l'espace naturel semble être grévé par la construction de murs ou par l'étalage de bitume. En outre cela ferme un espace aujourd'hui ouvert ;
C'est pourquoi nous proposons que ce bâtiment reste un bien communal, que sa rénovation soit entreprise et qu'il serve de base aux associations portoises ou au centre-aéré. Nous nous inquiétons que la ville se sépare régulièrement d'une partie de son patrimoine.
A cette intervention, M. BINSINGER et M. MALLEGOL ont eu la réponse suivante :
D'après eux, la ville de Saint-Nicolas de Port n'a plus les moyens de rénover ses bâtiments publics. C'est pourquoi, lorsqu'une opportunité se présente, elle n'hésite pas à vendre ses biens immobilier.
En outre, la municipalité actuelle a des projets qu'elle souhaite mettre en place, comme la création de la maison de l'enfance. Or, faute de moyens pour financer de tels projets, la ville de Saint-Nicolas de Port doit accepter de se séparer de biens (immobiliers entre autres) pour obtenir quelques recettes financières. D'ailleurs, 300.000€ pour la bâtisse du Parc Hanus, d'après l'équipe de M. BINSINGER, c'est une très bonne affaire, puisque c'est nettement au-dessus des prix du marché et de la valeur du bâtiment ! Pour citer M. MALLEGOL : "la rénovation coûterait bien plus cher que ce qu'elle va rapporter. Or la ville a d'autres programmes prévus".
La défiguration du Parc Hanus a été adoptée par 25 voix contre 4. Nous, élus de gauche au conseil municipal de Saint-Nicolas de Port, estimons que, comme d'habitude, ceux qui vont pâtir de cette décison, ce sont les enfants qui vont voir leur surface de jeu (vélo en particulier) réduite. L'environnement ne sera pas sans reste puisqu'un espace vert public va devenir une zone habitée privée.
Il semblerait que l'intérêt financier passe avant le reste. N'oublions pas que ce sacrifice auquel doivent consentir les Portois est à destination d'une maison de retraite "de luxe" pour
quelques (5 ou 6 apparemment) pensionnaires !
Après que l'ordre du jour a été entièrement traité, j'ai souhaité faire une intervention au sujet de l'école Jean Moulin :
J'étais ce soir, comme un certain nombre d'entre vous, à la kermesse à l'école Jean Moulin. Nous en profitons pour rappeler à votre bon souvenir la situation de cette école, car outre les problèmes de sécurité (NDA : il faut rappler qu'un escalier est bloqué et qu'il n'y a qu'une issue de secours), cette école ne permet pas actuellement aux enseignants d'exercer leur métier dans les meilleures conditions, d'autant plus qu'ils ont à gérer des enfants issus en partie des milieux les plus défavorisés de Saint-Nicolas (NDA : 20% du bâtiments est inopérant, 2 classes et la bibliothèque sont fermées). Et cette situation ne permet pas aux élèves d'avoir les meilleures conditions de réussite.
Comme le Parc Hanus, si on ne peut pas rénover, vous allez peut-être vendre l'école Jean Moulin ?
Ma boutade finale n'a naturellement pas été comprise de M. BINSINGER qui s'est empressé de me dire que j'avais vraiment de drôles d'idées, à vouloir vendre l'école. Bien entendu, là n'est pas la question. Je m'interroge sur le fait que l'école soit en situation de crise depuis 2 années scolaires et que ni les enseignants, ni les parents ne voient rien venir. La municipalité parle à grands renforts de communication de la maison de l'enfance, mais quid de l'école Jean Moulin ?
A quand des réparations ? A quand une rénovation ? A quand peut-être une construction d'une nouvelle école ? A quand des toilettes dignes de ce nom ? A quand des salles de classe digne de recevoir des élèves ?
Aucune réponse ne nous a été apportée. M. BINSINGER préfère rappeler que les fissures ne bougent pas, qu'il n'y a donc rien à craindre. Il est navrant de voir que ces personnes, aveuglées par le dogme électoraliste et qui ont pour certaines leurs propres enfants dans cette école, ne fassent pas de la rénovation/reconstruction de l'école Jean Moulin une priorité.
Faut-il rire ou pleurer quand Mme BORDEAUX, adjointe aux écoles, nous assure qu'"il n'y a pas de problème de sécurité" à l'école Jean Moulin ?
Lundi prochain se tiendra une réunion, à laquelle je ne pourrai pas me rendre pour des raisons professionnelles, mais nous aurons des représentants.
La politique de l'urbanisme à Saint-Nicolas de Port reste décidément bien opaque : on veut construire une maison de l'enfance flambant neuve, mais rien n'est fait pour rénover les bâtiments existants : ni l'école Jean Moulin fissurée, ni la Villa Malraux (MJC) aux douces effluves, ni l'espace François Mitterrand, dont le seul avenir aux yeux de M. BINSINGER est d'être rasé.
Tabula rasa, il faut faire table rase.

Il y a des jours où l'on se demande si l'équipe de
M. BINSINGER joue de maladresse de manière volontaire ou involontaire. Si c'est involontaire, c'est grave mais cela peut prêter à sourire. Si c'est volontaire, c'est encore plus grave, car c'est
véritablement prendre les Portois pour des imbéciles.