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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 18:21

Publié dans : Education nationale
[EDIT du 03 janvier 2012]
Cet article fait une sorte de buzz depuis le 4 décembre 2011 sur le net, via Facebook. A ce jour, il a déjà été partagé à plus de 28.000 reprises sur Facebook et a été consulté sur ce blog par plus de 70.000 visiteurs uniques.
Cet article "à propos des enseignants" a été écrit en 2007 par un enseignant, Laurent Tarillon, et je l'ai publié sur mon site, tel quel, le 2 février 2008.
Depuis, 2 erreurs ont été relevées, qui doivent être corrigées (Laurent m'a lui-même confirmé les 2 erreurs par courriel) :
1) Le salaire des enseignants est bien calculé sur 12 mois (et non, comme stipulé, sur 10 mois ramenés à 12)
2) Le temps de préparation des cours est estimé à 2 heures pour 1 heure (et non à 1h30 pour 1 heure)
Ces corrections sont expliquées (sources) à de multiples reprises dans les réponses que j'apporte aux commentaires (commentaires n°60 et 65 et particulier)
[/EDIT]
*****

A PRO POS DES ENSEIGNANTS

Actuellement, le temps de travail d'un enseignant de collège ou de Lycée est de 18 heures par semaine (20 heures pour l'EPS). C'est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de1950.

Rendez-vous compte ! 18 heures par semaine ! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d'aussi bons salaires ? (27 h semaine pour un instit, c'est dèjà plus raisonnable !)

Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux ?

En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires.

En effet, le temps de travail légal de l'époque s'il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité d'environ 42h par semaine, sur 50 semaines.

Mais que s'est-il passé depuis pour les enseignants ? Rien ! Alors que pour les autres salariés il y a eu la 3ème semaine de congés payés en 1956, puis la 4ème en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936).

Mais ça n'est pas fini : il y a eu les 39 heures et la 5ème semaine en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme, le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25%. Mais les enseignants doivent toujours le même service.

C'est au moins un enseignant qui écrit cela, vous dîtes-vous en lecteur éclairé ! Certes je l'avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances ?

Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons : D'abord, 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c'est pour les petites vacances (Toussaint, Noël, Pâques). Donc notre temps de travail était annualisé. Mais, et les 2 mois d'été alors ? Là, c'est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas d'ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau Bac +3. Mais à cette grille, il nous a été retiré 2 mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12 (pour recevoir un salaire chaque mois). Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 Euros par mois il recevra 24000 Euros par an, alors que pour la même qualification,  un enseignant recevra aussi 2000 Euros par mois mais sur 10 mois, soit  20000 Euros par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 Euros par mois.

Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances. Oui bon d'accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre !

Soit, comparons : Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public. Mais, à mes yeux, l'exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant : Le salaire de départ d'un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd'hui, il n'est plus que 1,2 fois plus élevé. Autrement dit, si comme le PS l'a écrit le SMIC augmentera de 25% au cours des 5 ans à venir (et l'UMP l'a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC.

Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la dégradation de notre situation?

Je n'évoquerais pas les conditions de travail, l'évolution des élèves, les réunions multiples, Alors oui, le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernements ! Mais dans quel sens ? En travaillant plus pour gagner autant ?

Laurent TARILLON, Enseignant de sciences économiques et sociales, Grenoble. Merci de faire suivre aux enseignants et à ceux qui voient notre métier comme le nec plus ultra !
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Commentaires

Votre propos est intéressant, mais vous oubliez, comme beaucoup, les professeurs-documentalistes, qui travaillent entre 30 et 36 heures par semaine, selon le bon-vouloir du chef d'établissement.

Commentaire n°49 posté par Lanig Martin aujourd'hui à 16h00
Mais vous n'avez pas de travail a ramener à la maison, pas de cours, je pense selon mes souvenirs que vous avez le temps pour le faire au CDI?
J'attends toujours, car je n'ai jamais eu de retour intéressant sur ce sujet épineux du "comment en est on arrivé là?"
J'ai eu des réponses de vos collègues(évasive, voir, c'est pas nous), mais jamais de remise en question, d'ailleurs, vous devez être la seule corporation à ne jamais vous remettre en question sur "l'illétrisme" en particulier...C'est fort dommage, d'avoir toujours le "c'est la faute à là-haut" discours syndicale par excellence, quand j'ai un accrochage, c'est simple, 100% tort, ou 100% raison, le pile ou face, mais on ne tombe jamais sur face dans 100% des cas à partir de 2 essais!
Commentaire n°51 posté par pascal le 10/12/2011 à 16h16

Bonjour,

bien sûr que la faute n'est pas imputable qu'aux autres. Mais un certain nombre de politiques éducatives auxquelles l'enseignant, en tant que fonctionnaire doit obligatoirement adhérer, ou de pratiques pédagogiques (rejetées aujourd'hui) ont conduit, de concert avec certainement avec d'autres facteurs, à la situation actuelle.
Il n'y a pas qu'un fautif. Et il n'y a pas qu'une victime qui serait l'enseignant. Il y a une victime, c'est la jeunesse.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 10/12/2011 à 16h59

Je ne sais pas comment on fait pour répondre en dessous de vos écrits, donc je fais un copié collé.

 

Bonjour,

Votre opinion va dans le sens du débat d'idées.

Certaines années, comme vous, c'est plus facile : on reprend des niveaux qu'on a eu avant ou on fait moins d'heures. Mais ce n'est pas souvent le cas.

En ce qui me concerne, la réforme du BAC PRO m'a contraint à refaire tous mes cours, sur les 3 années, car je suis mes classes de la seconde à la terminale.

Personnellement, je ne me plains pas de mon salaire ou du nombre d'heures que j'ai à faire (après tout, on choisit ses classes et ses missions annexes et donc sa quotité d'heures en juin pour septembre), je me plains surtout du manque de reconnaissance de la part de la société, de la part des média qui n'hésitent pas à faire porter tous les maux de la société sur l'école, de la part des parents qui considèrent que la faute vient toujours du prof et jamais de leur bambin, de la part de tous ceux qui s'estiment experts ès pédagogie parce qu'ils... sans raison, en fait.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado aujourd'hui à 16h54
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David,
Et encore allez voir chez vos collègues de l'armée, et de la reconnaissance de la nation, non pas pour ceux qui forment avec un tableau noir et un stylo, mais pour ceux qui défendent avec leur vie. Là on peut parler de manque de reconnaissance, suffit de voir le nombre de personnes se déplacant sur le cortège du dernier mort en Afghanistan, le manque de reconnaissance de Taponier et Ghesquière auprès de ceux qui ont risqués leurs vies en faiant 3 fois plus de patrouille (je sais, mon fils était là bas en décembre 2009) mais ça c'est un autre débat.
La reconnaissance des profs, je l'ai eu quand j'étais élève, je l'ai eu quand j'étais parent d'élève, mais vous prof de l'EN, votre reconnaissance ne l'avez vous pas perdu en ne défndant pas l'élève auprès du rectorat, votre patron, vos syndicats qu'on t'il réellement fait pour CA." CA" qui est l'illétrisme flagrant, le non redoublement( oui je sais sujet à caution, bien pas bien) dès fois je regarde ma photo de classe de l'école primaire en 1971/1975, et celles de mes enfants à la même période scolaire, je compte, et recompte, et à 2 élèves près j'ai le même nombre et pourtant il y 20 ans entre les deux périodes, je ne peux croire que ces 2 élèves en plus font la différence. Alors est-ce la méthode employée, et si tel est le cas, c'est peut-être sur ça qu'il fut râler, manifester, peut-être qu'à ce moment là les parents (mes enfants dans un futur proche) vous suivrons si votre discours est propre, honnête, et dans le sens de l'éducations des enfants, et non de revendications salariales et de temps de travail, n'oubliez pas vous parlez à des personnes adultes, qui ont connus le côté EN (comme élève) et le privé (pour une majorité) et son côté obscur (heures, considération, licenciement, salaire...)
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Il n'y a pas qu'un fautif. Et il n'y a pas qu'une victime qui serait l'enseignant. Il y a une victime, c'est la jeunesse.

Cordialement.

____________________________________

Là nous sommes entiièrement d'accord

 

Merci David pour cet échange cordial et sans animosité, je pense que j'aimerais discuter avec vous autour d'une bouteille de vin.

Commentaire n°52 posté par pascal le 10/12/2011 à 17h22

Pascal,

vous ne pouvez pas répondre en-dessous de mes réponses, mais vous devez, comme vous venez de le faire, poster un nouveau commentaire.

Je laisse à Laurent, l'auteur du texte, sa responsabilité quant aux revendications salariales. J'ai exprimé ma position sur ce sujet à travers les diverses réponses que j'ai pu écrire aux commentaires.

Les éléments de dégradation de la situation sont nombreux, pas tous imputables à l'institution, pas tous imputables aux profs, pas tous imputables aux parents.

J'aurais aimé développer certains points qui, à mon sens, ont conduit à cette situation, mais j'ai une certaine obligation de réserve.

Globalement, ce sont toutes les institutions qui sont en manque de reconnaissance : vous parlez de l'armée, mais que dire de la police, de la justice ou des élus de la République ? C'est un autre débat.

J'aurais aimé effectivement échanger autour d'un bon verre. (je crois que je suis démasqué : alors n'hésitez pas à visiter mon autre site web : www.netbourgogne.com)

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 10/12/2011 à 17h36

Bonjour,

Je n'ai malheureusement pas le temps d'écrire un commentaire aussi détaillé que certains de mes prédécesseurs, mais je tenais à ajouter ma pierre à l'édifice.

J'ai vu le lien qui conduisait à cet article sur le "mur" de plusieurs de mes "amis" facebook qui sont enseignants (certains dans le primaire, d'autres en collège). Article qui, si j'ai bien compris, n'est pas de vous mais de Laurent Tarillon et a été signé en 2007.

L'absence de notes ou de commentaires accompagnant la publication dudit article laisse supposer que vous êtes d'accord avec l'intégralité de celui-ci, sans nuance.

Si je résume, plusieurs sujets, tous délicats, sont soulevés dans cet article : le volume horaire hebdomadaire, la grille des salaires, les congés d'été... Indirectement, on comprend que c'est le manque de valorisation de votre métier qui évoqué.

La première chose qui me chagrine, c'est que l'auteur s'adresse au lecteur avec tellement d'ironie, voire de cynisme ou de mauvaise foi qu'il devient pénible de le lire et qu'il provoque soit l'adhésion au discours ou soit le rejet.

Ceci étant dit, cet article m'a tout de même interpellé et amené à me poser quelques questions.

Peut-on appréhender les problémes évoqués par le corps enseignant comme des problèmes "propres" à ce corps ? Ces problèmes ne sont-ils pas - à proportion variée - les problèmes de tout corps salarial ? Qu'il s'agisse du volume horaire, du salaire, de la pénibilité ou de la reconnaissance, on trouve toujours pire ou mieux que soi.

Certains le disent mieux que moi  mais une amplitude horaire forte sous-entend en effet moins de temps passé chez soi ou pour des loisirs, une certaine fatigue physique, du stress, parfois une dégradation de la santé... D'accord. Admettons.

M. Tarillon évoque un salaire mensuel légèrement au dessus du salaire médian français en 2011 (1653 €, source INSEE, novembre 2011). J'aurais aimer vous dire que les enseignants (du secteur public) ont une certaine sécurité de l'emploi et qu'il sont financièrement et socialement "crédibles" aux yeux de leurs banquiers, propriétaires, etc. Il me semble néanmoins que les suppressions de postes de ces dernières années aient mis à mal cette sécurité de l'emploi.

La grille des salaires des fonctionnaires est mal conçue, c'est vrai. Certains salaires sont indécents car trop élevés, c'est vrai aussi.

Mais réclamer aujourd'hui une plus forte paye me dérange plusieurs raisons. Si j'ai bien compris le principe (mais je me trompe certainement), les salaires des fonctionnaires sont payés avec les caisses de l'État. Les caisses de l'État sont alimentées par les impôts indirects (59,8 % dont 50,6% de TVA) et directs. C'est l'ensemble de la population qui participe (et vous aussi d'ailleurs) au paiement de votre salaire. C'est la règle du jeu et le jeu est un peu grippé en ce moment...

M. Tarillon m'a donné la désagréable impression de me faire la morale (j'allais écrire "la leçon"). Il s'est peut-être trompé d'interlocuteur ?  Je reconnais que le métier de professeur n'a plus l'écrin d'antan mais malheureusement, la dévaluation du travail est généralisée. 

J'ai goûté à l'enseignement (contractuel en Zep) alors que j'étais encore étudiant. Je ne recommencerai pas même si le bilan n'était pas à 100% négatif.

J'ai beaucoup d'amis enseignants (comme je le disais au début) qui donnent l'impression de mener une vie paisible (des emprunts immobiliers, des voyages, des loisirs) mais la vision de leur travail et leur attitude corporatiste les empêchent vraiment de voir ce qui se passe chez le voisin. Peut-être que mes amis sont des exceptions...

Je connais aussi des profs qui sont éducateurs durant leurs vacances, histoire d'arrondir leurs fins de mois difficiles. Ceux-là ont encore l'énergie, le temps et la volonté de se donner pleinement à ce métier qu'ils vivent comme une vocation véritable.

Je vous laisse car il faut que je retourne travailler. 
Bon courage à tous.

Commentaire n°53 posté par Olivier le 10/12/2011 à 18h42

Bonjour,

je ne manquerai pas de lui transmettre vos remarques.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 09h16

Je suis junior, je touche 1500e, je fais 40h par semaine minimum, je dois attendre un an pour prendre des vacances. Mais je ne me plains pas parce que j'adore mon métier. Vous avez peut-être un simple problème d'affinité avec votre profession.

Pour avoir travaillé dans une école primaire en Afrique ou les professeurs enseignaient sans moyens, dans des classes bien plus surchargées qu'en France, du lundi au samedi, je trouve que ca fait du bien de relativiser de temps en temps.

Vous n'êtes quand même pas si mal lotis et si c'est l'argent qui vous intéresse il fallait prendre une autre voie (cependant cela implique moins de vacances!).

Commentaire n°54 posté par Jean Jaures le 10/12/2011 à 20h47

A mon tour de poster mon petit article de professeur des écoles.

Une journée de classe commune :

8h05, j'arrive à l'école pour préparer le matériel nécessaire à la journée de classe (photocopies, matériel de manipulation pour la leçon de maths ou d'expériencepour celle de sciences, pour celle d'arts ou les étiquettes-mots pour celle de grammaire...). Je branche mon ordinateur perso au TBI que l'école a pu acheter grâce aux kermesses qu'on organise un samedi, un dimanche ou au repas organisé un vendredi soir...

Pendant ce temps, défilent les parents qui déposent leurs enfants à l'école. 8h30, sonnerie, je descends vite chercher mes élèves, mes photocopies à peine posées. Dans la cour encore de nombreux parents attendent que leur enfant rentre en classe (tiens, ils ne sont pas encore au boulot ?)

11h45 : fin des cours, je file à la cantine surveiller le repas des élèves...

12h30 : je vais manger.

12h45: repas interrompu : on vient me chercher pour récupérer un élève en crise dans la cour qui se bat et tape les surveillantes qui veulent l'éloigner de l'élève qu'il tape.

12h55 : l'élève calmé, je vais finir mon repas.

13h05 : retour en classe: correction des copies du matin, préparation du matériel de l'après-midi.

13h30 : reprise des cours (que de parents encore dans la cour...)

16h30 sortie des élèves (des parents, des parents, moi je ne peux jamais aller récupérer mes enfants à la sortie de l'école, ils sont en maternelle et dans mon école, le 1er niveau est en CE2. Au fait, ils sont déjà revenus de leur boulot ?)

Je surveille la sortie, répond aux questions d'une maman, donne les devoirs pour un élève absent.

16h45 : début de l'aide personnalisée.

17h35 : fin de l'aide personnalisée. Je reçois des parents pour discuter du travail de leur enfant, répondre à leurs questions...

18h00: fin de l'entretien.

En partant, je discute avec la directrice du cas de l'élève qui s'est battu le midi, cela étant quasiment quotidien.

18h10. Je quitte l'école.

Arrivée à 8h05, sortie à 18h10 soit une journée de 10h00, interrompue reconnaissons-le par une royale pause repas de 25 minutes.

18h35, retour à la maison, mes enfants, heureux de revoir leur papa veulent que je joue avec... Fatigue nerveuse aidant, je n'ai pas trop envie, mais on ne passe pas sa journée à s'occuper des enfants des autres pour laisser les siens de côté...

20h00 : les enfants sont couchés, le repas pris.

Direction douche, le journal, je le verrai un autre jour.

20h30 : préparation de la journée du lendemain (les programmes ont encore changé, les préparations changent donc aussi, les mêmes cours disiez-vous ? Et il faut tout mettre par écrit, pour montrer à l'IEN que l'on travaille, notre travail est aussi très administratif...), correction des copies qui n'ont pu être faites pendant le midi, préparation d'un dossier pour l'élève bagarreur, de fiches spécifiques de travail pour un enfant en difficulté...

22h00: travail terminé, il y avait quoi à la télé ce soir ?

Donc 9h35 de travail à l'école, 1h30 à la maison, soit 11h00.

Et ma femme qui fait la gueule car je l'ai laissée seule ce soir encore...

Commentaire n°46 posté par Victor H hier à 22h40
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quand je vois cette charge de travail, je me demande pourquoi vous êtes encore professeur, allez vite à la régie Renault, ils ne font que 35h, et sorte à l'heure pile. Voyons monsieur H, soyez sérieux et respectez nous, ne nous prenez pas pour des guignols, nous savons que vous avez le "savoir" d'ailleurs "savoir" quoi? mais je reconnais qu'avec ces journées à rallonge que vous avez, vous n'ayez pas le temps de lire le journal, ni d'écouter la radio, et encore moins de regarder la télé, alors je vais vous annoncer un scoop, en France il y a 4 400 000 chomeurs, je ne compte pas ceux à qui on ne donne que le RSA, ni les femmes aux foyers, ni les retraités (ah les chanceux), ni la baby sitter suédoise, et oui ces gens dont la plupart sont malheureux de ne pas avoir de travail, et ben ils ont le temps de venir chercher et poser leurs enfants. Je passerais sur l'enfant qui tous le jours vous fait refroidir votre repas, et dont les surveillants n'arrive jamais à calmer, mais a quoi ils servent alors?
Je suis vraiment désolé que vous ne puissez pas aller chercher vos enfants à l'école maternelle, allez courage, bientôt ils seront en primaire dans votre école, ou à l'école privé comme une partie des rejetons des salariés de l'EN. Et moi, je fais comment en partant à 06h20 le matin et en rentrant à 18h00 le soir? et ce 5 jours par semaine, et 47 semaines par an, et vous vous plaignez? allons passons aussi pour ça, je susi heureux j'ai été à la fête des Lumières à Lyon et c'était beau, de plus il y avait des balayeurs de la ville qui travaillaient encore pour qu'on ne marche pas dans la merde. Nosu avons un point commun, moi aussi je suis fatigué de ma journée, et mes enfants aussi demande de mon attention pour jouer ou aider aux devoirs, pas cool après ma journée de réexpliquer des choses parce qu'ils ont eu peur de demander à leur professeur qui ne veut pas répéter 2/3 fois le cours. Donc en jouant sur la corde sensible "nos enfants" lequel de nous deux à le temps de passer le plus de temps auprès d'eux, et votre femme ne peut qu'apprécier cet avantage de congés scolaires, sans compter les mercredis après midi.
Voyez vous monsieur H, ce sont des gens comme vous qui font que nous vous respections plus, je n'aime pas le discours syndicale ou condescendant que vous prenez. Vous n'êtes pas obligé de faire le soutien scolaire, alors rentrez à 16h30 à la maison.
Je viens de vous faire passer de 11h de travail à 09h30 temps de repas compris.
Elle est pas belle la vie?
Commentaire n°55 posté par pascal le 11/12/2011 à 03h07

en fait, le décret qui instaure les 10 mois de travail payés par an date du 10 juillet 1946. cordialement !

Commentaire n°56 posté par Alain HYMON le 11/12/2011 à 15h08

Le metier d'enseignant c'est une vocation . J'ai enseigné pendant 3ans dans le mileu agricole, et j'en suis parti depuis 1970 pour le milieu industriel.

Quand on compare le salaire d'un enseignant  et d'une personne dans l'industrie pour le meme niveau d'étude, à l'heure actuelle, il ya une grosse difference.Il y a bien sûr le chomage qu'en les usines deposent leur bilan, je l'ai vécu 3 fois. Maintenant je suis à la retraite et je ne regrette rien.

Commentaire n°57 posté par DESCHAMPS le 11/12/2011 à 18h00

Alors là, je ne vois rien à y ajouter. Je bosse comme une dingue et j'ai du mal à finir le mois depuis quelques temps, pourtant j'aime mon métier mais il y a tellement à faire que ça devient quasi du bénévolat pour certaines tâches .... Mais y-a-t 'il encore quelqu'un qui s'intéresse à nous en ce bas monde ? J'en doute ...

Delphine Hennion professeur de LP

Commentaire n°58 posté par Delphine Hennion le 11/12/2011 à 18h05

Je voulais aussi ajouter que nous avons des avantages indéniables comme d'autres métiers d'ailleurs ce qui ne fait pas de nous des fainéants, j'invite qui veut à venir faire quelques heures en classe de LP devant 30 élèves, la perte de calories est garantie, pas besoin de régime .... Pour ceux qui pensent qu'il n'y a pas de préparation, il faut se renseigner un peu, un prof fait rarement deux fois le même cours, les élèves ne sont jamais les mêmes et la pédagogie est en perpétuelle évolution, les programmes et leur mise en oeuvre ont bcp changés, l'approche par compétences, etc, etc .... Eh oui c'est un vrai métier et on a fait de vraies études pour ceux qui en doutent encore. Heureusement il y a aussi les élèves (avec qui c'est plus ou moins facile) mais qui me donnent encore envie de continuer ...

Commentaire n°59 posté par Delphine Hennion le 11/12/2011 à 18h24

Bonjour,

votre commentaire touche du doigt ce qui, moi, me pose réellement problème : être obligé de justifier qu'être prof, c'est "un vrai métier".

D'ailleurs, qui ose encore dire qu'il est enseignant quand on lui demande ce qu'il fait ? Qui n'est pas tenté de dire quelque chose qui ne prête pas à discussion, comme "ingénieur des eaux et canalisations". - Ah oui ? Et c'est dur comme métier ? - Houla, mais bon, faut pas se plaindre. Encore un toast ?

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 12h20

Pour le temps de travail, si le rapport 1+1,5 est toujours vrai autant le faire sur site (au bahut). Le temps de présence du prof serait à ce moment la controlé a la hauteur de ce qu'il pratique?

Parce qu'effectivement, les 1,5 à domicile, ne sont pas forcement appliqué sur le moyen et long terme. Donc autant rendre les 1,5 obligatoire en présence au bahut non ? cela reglerait le probleme pour commencer.

Qu'en pensez vous ?

Commentaire n°60 posté par HB le 11/12/2011 à 19h27

Bonjour,

cela pose d'autres problèmes qui ont déjà été soulevés par le passé : celui des moyens (bêtement, des locaux et des bureaux, des étagères et des ordinateurs, du purement matériel) pour permettre aux enseignants d'effectuer ces heures sur site.

Je sais, par les conversations en salle des profs, que les enseignants ne sont pas forcément opoosés à cela. Au moins, cela supprimerait cette défiance du public sur leur temps de travail. Et ils n'auraient pas de travail à ramener à la maison.

Or l'Etat n'est pas en mesure (ou n'a pas la volonté) de financer de tels équipements (de confort ?).

Cordialement.

PS : le rapport heure de cours/heure de préparation, selon le JO du 8 mai 1981, est établi à 1 pour 2 ("Une heure de cours équivaut à trois  heures de  travail")

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 09h04

Si ça évite de ramener du boulot à la maison, je signe mais je suis sûre que ça ne suffit pas pour travailler correctement, et puis il faudrait un bureau pour pouvoir travailler tranquille, on n'a déjà pas assez de salles pour faire cours, alors ...

Commentaire n°61 posté par Delphine Hennion le 11/12/2011 à 19h33

Ben ouai, comme toute profession, on la fait au bureau... et on peut aussi en faire a la maison, mais le temps de travail obligatoire est a faire sur le lieu d'activité.


Et comme dans des tas de boulot, y en a tjrs plus que pour le temps de travail donc c'est un faux pretexte.

Le but c'est d'avoir lisibilité sur le vraie temps de travail.

Commentaire n°62 posté par HB le 11/12/2011 à 19h42

et les non certifiés à bac +5 voire 8 qui ne sont que maitre aux ou vacataire , là c'est carrément de l'esclavagisme ! il faudrait faire un article là dessus !

Commentaire n°63 posté par mirotine le 11/12/2011 à 20h00

Je veux bien essayer... s'il est relayé ensuite.

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 12h16

j'aime bien le post d'alex ! c'est vrai  si au début les profs galèrent pour préparer les cours quel prof confirmé , à moins d'un changement de niveau , met 1h30 pour préparer une heure de cours ?

Commentaire n°64 posté par mirotine le 11/12/2011 à 20h23

Je ne suis pas sûr que vos informations soient correctes en matière de traitement...
Vous êtes payés selon un indice calculé en points qui dépend de votre grade et de votre ancienneté (= l'échelon).
Un point a une valeur annuelle on calcule votre traitement tout simplement en multipliant votre indice par la valeur du point,
le tout divisé par 12..., c'est à dire que si le point d'indice vaut par exemple 30 €, et que vous ayez un indice de 700,
votre traitement annuel est de 700x30€ soit 21000 € et votre traitement mensuel est donc de 21000 € divisés par 12, soit 1750 € cqfd .
Pas de traitement sur dix mois ensuite divisé par douze...Je ne sais pas qui a lancé cette fable mais elle a la vie dure !

Commentaire n°65 posté par Jeremy le 11/12/2011 à 22h12

Bonjour,

il s'agit en effet d'une erreur largement répandue. La clause des 10/12e n'est pas en vigueur.

Cela ne change quand même pas grand chose au débat sur le traitement. Le montant de départ reste 1615 mensuels bruts (1e échelon) et celui d'arrivée 3046 mensuels bruts (11e échelon). C'est l'ancienneté et non le grade qui donnent l'indice.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 09h14

Pour toi, Jeremy:

http://m.marianne2.fr/Salaire-des-profs-les-vacances-ont-bon-dos_a194120.html?ref=nf

Commentaire n°66 posté par Ando le 11/12/2011 à 22h35

Article très intéressant mais qui manque cruellement de source pour asseoir sa crédibilité !

Commentaire n°67 posté par Benjamin le 12/12/2011 à 01h05

Bonjour,

J'ai reçu un mail de Laurent, l'auteur de l'article, ce weekend. Il ajoute ceci, qui devrait répondre à votre question:

- En ce qui concerne le temps de travail :

JO du 8  Mai 1981 / Ministère de l'Education
"Equivalence à prendre en compte pour la  durée de travail exigée pour l'ouverture du droit à l'allocation de  base des personnels enseignants non titulaires du ministère de  l'éducation privés d'emploi"  [NB perso : il s'agit à l'époque  des MA]
le ministre du budget, le ministre de l'éducation et le  secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre,
vu le décret  80-897...
vu le décret 80-878...
arrêtent :
Art. 1er - l'équivalence  prise en compte pour la détermination des durées de travail exigées  pour l'ouverture du droit à l'allocation de base soit à l'allocation spéciale des agents relevant du ministère de l'éducation privés  d'emploi sont les suivantes :
Une heure de cours équivaut à trois  heures de  travail.
Art. 2 - Le présent arrêté sera publié au JO  de la République  française... Fait à Paris, le 29 avril 1981 le  ministre de l'éducation, pour le ministre et par délégation le directeur  des affaires financières
A Blanchard
le ministre du budget, pour le  ministre et par délégation, par empêchement du directeur du  budget
le  sous-directeur L  Schweitzer

- En ce qui concerne le décret de 1950, c'est effectivement, après vérification, une erreur. En fait, il faut considérer le décret du 10 juillet 1946, ainsi que celui du 10 juillet 1948 (n°48-1108).

- Pour les grilles salariales, vous les trouverez assez facilement sur le net ou dans les commentaires précédents.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 12/12/2011 à 08h47

‎18h/semaine +53% de majoration dans un DOM, 1,5h de préparation de cours à domicile (piscine, tennis, etc...), bien oui, il faut bien 17h/semaine pour les activités extra-professionnelles, sans compter les 16 semaines de vacances annuelles, afin de se remettre des décalages horaires..., à bon entendeur salut !

Commentaire n°68 posté par 974 le 12/12/2011 à 04h04

Je me permets de copier ici un message reçu par mail ce weekend :

Bonjour, je souhaite vous informer du statut des professeurs documentalistes : pas droit aux HSE, ni aux HSA. droit aux heures péri-éducatives IMPOSABLES (c'est rare qu'un chef en donne). Droit à un tiers de l'ISOE. Droit d'être professeur principal (mais c'est très rare). Obligation de travailler 30 heures par semaine (soit 30 heures devant élèves, avec ou sans séance, ça dépend). Perso, je fais 6 heures de cours par semaine pour les 6èmes + 24 heures d'ouverture non-stop. J'ai 8 ans d'anciennneté, échelon 6, je gagne 1794 euros par mois. Chaque mois. Jamais plus. Merci. Virginie

Commentaire n°69 posté par David Sarrado le 12/12/2011 à 08h34

Je suis enseignant chercheur, et vois tu ton message me fais doucement sourire. je donne en moyenne 15 à 16 h de cours par semaine. J'ai aussi des copies a corriger, préparer mes cours (et sans vouloir être condescendant un cours de fac c'est pas un cours de collège ou de lycée qui change quasi jamais...) des copies à corriger par dessus la cuisse (et même remarque que la parenthèse avant), des exams a surveiller... EN PLUS DE CA on me demande de faire de la recherche, et de bien publier bien sure, sinon nada, rien neni niveau avancement. Notre salaire comparé aux votre (rapport temps d'étude / heure de travail) à de quoi faire verdir, voir un prof ce plaindre de ces heures de travail franchement ca me fait mal au cul ... Le salaire pourquoi pas (d'ailleurs il serait bien quand vous vous battez que vous oubliez pas les parents pauvres (nous les enseignants chercheurs) car 90 % de la population se contrefout de notre situation à nous car nous sommes peu nombreux et que lorsque par hasard on fait la grève personne ne le voit)... de toute façon tout les salaires devraient être indexés sur le SMIC, et comme le disais un économiste un peu libertin augmenter le SMIC c'est juste dévaloriser le travail de ceux qui font des études ... à bon entendeur ....

Commentaire n°70 posté par Ben le 13/12/2011 à 08h16

Bonjour,

mon épouse est enseignant chercheur (après 11 ans d'étude et un doctorat de 3e cycle) et je suis entièrement au fait du rapport années d'études/salaire... D'ailleurs, les lecteurs seraient certainement surpris si je leur disais lequel de nous deux gagne le plus.

Je ne suis pas certain que dans l'état actuel des choses il faille commencer à opposer profs d'école, profs de colège ou de lycée et profs du supérieur.

Toutefois, puisque, sans vouloir être condescendant, vous lancez une polémique sur le temps de préparation, je vous rappelle que vous n'avez "que" 192 heures d'enseignement/année à effectuer, contre 720 pour un prof de collège ou de lycée.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 08h24

Bonjour,

je suis enseignant et je partage également le point de vue de l'article. Je me suis amusé, il y a quelques années, à compter mon temps de travail hebdomadaire pendant un trimestre. Ça pouvait monter jusqu'à 80h de travail (changement de progression en 4ème - tout à refaire -, refonte des cours en 6ème pour m'adpater au profil particulier des élèves que j'avais devant moi, deux heures supp', PP d'une classe difficile, etc.) lors des fins de trimestre avec les conseils de classe et les réunions parents-prof. Et ça ne descendait jamais en-dessous des 50 heures. Même pendant les vacances, c'était entre 10 et 20h de travail et j'avais pris une dizaine de jours sur mes "congés sans solde" d'été pour préparer quelques cours.
Bref, ça fait du bien de lire ça.

Toutefois, je trouve qu'il manque quelque chose à cet article (que j'avais déjà lu sur le monde, non ?) : les sources. Notamment sur le salaire. J'ai cherché longuement un texte expliquant qu'on est payé sur 10 mois mais je n'ai jamais rien trouvé. Où peut donc se trouver ce fichu texte ?

Bonne continuation et merci pour cet article.

Commentaire n°71 posté par Saint-Thomas le 13/12/2011 à 08h32

Bonjour,

Après vérification, ce texte est un mythe ou un texte abrogé.

Quant aux autres sources, elles sont citées dans un commentaire précédent.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 08h44

Si les enseignants arrêtaient de se plaindre tout le temps pour un rien peut-être que la vision du grand public changerait.

N'importe quel métier est difficile et celui d'enseignant n'est pas plus difficile qu'un autre. Il faut savoir s'en rendre compte.

 

Les enseignants ne connaissent pas le privé et ce qu'est le travail dans ce secteur.Certes, il doivent travailler chez eux mais il font des heures relativement confortable, peuvent gérer leur temps et profiter de leur vie au moment qui les arrange le mieux ce qui n'est pas le cas dans la plupart des entreprises privées. Aller à la banque est parfois très difficile pour quelqu'un qui travaille dans le privée et gacher une journée de congés pour ça n'est pas le plus confortable. En ce sens,  les enseignants se doivent de se considérer comme un minimum privilégié. Concernant les salaires, les enseignants n'ont également pas à se plaindre notamment pour les retraites.

Si un enseignant n'est pas content, qu'il change de métier plutôt que se plaindre sans cesse. Après je suis d'accord sur un point : le métier d'enseignant ne doit pas remplacer celui de parent. Il se limite à l'instruction et non pas à l'éducation. Le métier est certainement plus dur ces derniers temps et le peu de respect des parents vis à vis d'un enseignant est parfois frapant. Il s'agit pour les enseignants de prouver non plus à leur hierarchie ou aux inspecteurs leur savoir faire mais également directement aux parents. Mais c'est un autre débat.

 

Commentaire n°72 posté par FRANCOIS le 13/12/2011 à 13h25

Bonjour,

il y a un propos que , j'avoue, j'ai du mal à comprendre. Pourquoi l'argument suivant revient-il toujours ? :

"Si un enseignant n'est pas content, qu'il change de métier plutôt que se plaindre sans cesse."

Et quand un ouvrier fait la grève, quand il est mécontent, est-ce que quelqu'un oserait lui dire cela ? Quand les infirmières, qui sont certainement encore bien plus à plaindre, se plaignent, qui oserait leur dire de changer de métier ?

Pourquoi voulez-vous que nous changions de métier alors que c'est qu'on a voulu faire ? Ce sont les changements de conditions qui nous révoltent : la suppression des postes, le non remplacement des partants en retraite, le recours systématique à des vacataires précaires, la division des services sur 2 ou 3 établissements, le non remplacement des collègues en arrêt, le manque de moyens à investir dans du matériel informatique, dans des TBI, dans des vidéoprojecteurs, l'affectation des plus jeunes sur les postes les plus difficiles, le système d'avancement qui n'est pas forcément équitable, la surabondance de lois restrictives qui limitent les échanges internationaux, la prétendue expertise en matière de pédagogie du moindre quidam qui se croit obligé de donner des leçons, les parents qui usent et abusent des recours administratifs pour contredire les choix ou décisions des équipes pédagogiques ou éducatives...

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 15h10
Re bonjour,
je reprendz ce que je disais plus haut, bien sure que nous avons moins d'heure (et heureusement d'ailleurs), nous n'avons QUE 192 + 1/3 pour certains ce qui fait deja 255. On parle d'enseignement superieur ce qui necessite beaucoup plus de travail qu'en lycee ou qu'en college. Rajoutons qu'il faut gerer les TPs et que les copies sont legerement plus longue qu'en lycée (bas oui un compte rendu de TP de 60 pages on en voit pas souvent en lycée). Rajoutons aussi que nous avons pour mission de faire de l'enseignement ET de la recherche, et que la recherche c'est un metier à temps plein, comparons maintenant les heures de travail, le salaire, les vacances et la reconnaissance, et je pense que les enseignants du lycee/ college sortent gagnant haut la main ...
Mais bon ce que j'en dis...
Commentaire n°73 posté par Ben le 13/12/2011 à 14h08

J'avais déjà participé, mais on ne peut pas répondre sous nos questions (=débat un peu  répétitif)

J'ai eu quelques expériences, tant dans le privé que dans le public, en France et à l'étranger et toujours dans l'enseignement et la formation.

Non, les enseignants ne sont pas là que pour "éduquer" nos enfants (au contraire ! et quel horrible restriction!). Les enseignants ont beaucoup à apprendre à leurs élèves : respect de l'autre, vie en communauté, travail personnel, de groupe... Oui, les parents aussi, les moniteurs/animateurs aussi, mais c'est ENSEMBLE que cela se fait.

Les critiques maintenant : J'ai aussi exercé comme vacataire, M.A., et AVSi (le poste parfait pour voir tout ce qui se passe, de la classe à la salle des profs). Donc je connais plutôt bien le fonctionnement... A partir d'octobre, de nombreux profs sont "malades", donc les remplacements commencent un mois après la reprise, vous en concluez ce que vous voudrez... Dans la salle des profs, tout le monde attend les vacances. Si vous êtes dans un établissement où 3 semaines avant les vacances personne ne dit "vivement les vacances!" c'est que vous êtes sur une autre planête. Quand on parle de vacances, dans la salle des profs c'est plutôt : "et qu'est-ce que tu vas faire ?" ; "Où vas-tu?" ; "Ouf ! j'ai terminé de tout corriger avant les vacances!"... Dans la classe, à la rentrée : "ah non, je n'ai as eu le temps de corriger"... Bref je ne vous mets que quelques exemples dont j'ai été témoin, mais j'aurais un sacré livre à écrire (et ça viendra).

Bien sûr on va me dire que je généralise, que les profs font tous ce métier juste par vocation... Moi je n'en ai pas vu beaucoup de motivés ! et je ne crois qu'en ce que je vois. Désolée. 

Dans la salle des profs, on ne fait pas que parler de vacances. On parle aussi des élèves, les mauvais de préférence. On les enfonce. "Mais bon, t'as vu aussi ses parents ?!" et là, c'est la faute aux parents... Par contre, entendre parler des progressions, c'est plus rare.

Bon, la liste serait longue, mais j'ai été dégouté par mes expériences dans les établissements scolaires français ! 

J'ai travaillé, entre autres, en Russie, dans une Université Pédagogique (pour former de futurs enseignants). Mes collègues travaillaient et y mettaient tout leur coeur. Le week end, les vacances... tout était prétexte à organiser, améliorer... Les étudiants russes connaissaient tous les classiques français et russes. En rentrant en France, hop, un remplacement : un élève de troisième m'a demandé "Mais au fait, c'est quoi Balzac?" et ce n'était pas pour rire, c'était un bon élève, dans une classe sérieuse... Et oui, c'est plus facile de traiter de livres qui parlent de banlieues, de crimes et de suicides à des ado, alors oublions Blazac ! J'ai honte... 

Ce ne sont que des exemples. Au final je vois surtout des gens qui n'arrivent pas à évoluer mais qui veulent que leurs salaires évoluent. On n'enseigne pas de la même manière à un enfant aujourd'hui qu'il y a quelques années. La pédagogie, la didactique sont en perpétuels mouvements et se doivent de s'adapter à chaque contexte. Vous voulez de meilleurs salaires, devenez meilleurs. Montrez que vous en avez envie !  Soyez présents 35 h/semaine sur votre lieu de travail, 47 semaines par an, comme tout le monde, et, en dehors des heures de cours, apprenez, progressez. Apprenez à utiliser un TBI, apprenez à gérer des conflits, apprenez les nouvelles pédagogies, apprenez même à gérer votre stress, à vous relaxer... Faites vous aussi des efforts, devenez meilleurs et on vous supportera.

Pour l'instant, je ne vois pas pourquoi je soutiendrais une telle hypocrisie nombriliste.

Commentaire n°74 posté par laetitia le 13/12/2011 à 14h37

Bonjour,

voici un ressenti bien négatif, mais je le respecte.

Je peux vous assurer que, comme dans tous les métiers, il y a des gens motivés et des gens un peu moins sérieux. Mais est-ce là le propre de notre corps ?

Vous oubliez ainsi, et c'est ce qui est regrettable, tous ceux qui se forment au TBI, qui utilisent les TICE et toutes les nouvelles technologies (je suis personne ressource TICE, je connais le problème). Vous oubliez les tuteurs d'élèves ou les tuteurs de profs (qui font la mission pour la gloire). Vous oubliez tous ceux qui s'investissent dans les projets, tous ceux qui donnent de leur temps et de leur énergie, non pas pour détruire des élèves, mais pour veiller à leur réussite.

Je peux vous assurer que ceux-là sont bien plus nombreux que vous ne le pensez.

Evidemment, on prête plus facilement l'attention à une phrase de type "vivent les vacances" que "la pédagogie est une réflexion appliquée aussi méthodiquement que possible aux choses de l'éducation"...

Parfois penser à autre chose, ça aide aussi à affronter des classes où la tension sera forte, où le risque de violence physique ou verbal est constant...

Quant à la question que vous soulevez en prenant pour exemple Balzac, je crains qu'elle ne soit pas uniquement imputable aux profs... qui regrettent également ce manque de culture. Fut un temps, je m'amusais à noter les perles de nos élèves... jusqu'à ce que je me demande qui était responsable de questions ou réponses telles que :

"Les préliminaires, c'est avant ou après ?" (véridique)

"Sarkozy pour être président, il a dû signer un formulaire"

"Il y avait une faute sur le document alors j'ai corrigé : la catastrophe de Pompéi a eu lieu en 1979, il manquait le siècle".

"Ah bon ? on est en guerre contre l'Allemagne ?"

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 15h02

 Bonjour,

j'aimerais avoir la référence exacte (administrative je suppose) du texte fixant le salaire des enseignants à 10 mois de travail annualisés.

 

 merci.

Commentaire n°75 posté par Richardw77 le 13/12/2011 à 15h03

Bonjour,

voir commentaires précédents. Ce texte a été abrogé.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 15h12

C'est bien beau tout ca. ourquoi ne pas parler des modes de calculs pour les retraites ?? Seuls les 6 derniers mois sont pris dans le public pour le calcul du taux de retraite alors que dans le privé on prend la moyenne des 25 meilleures années.... Facile de se plaindre. Quittez l'éducation nationnale si cela ne vous convient plus et regagnez le privé...

Commentaire n°76 posté par Chris le 13/12/2011 à 15h30

Bonjour,

Pour les nquestions de salaire, lire ma réponse au commentaire n°50.

Sinon, pourquoi ne quittez vous pas le privé pour rejoindre le public ?

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 15h40

Bonjour,

voici un ressenti bien négatif, mais je le respecte.

Je peux vous assurer que, comme dans tous les émtiers, il y a des gens motivés et des gens un peu moins sérieux. Mais est-ce là le propre de notre corps ?

Vous oubliez ainsi, et c'est ce qui est regrettable, tous ceux qui se forment au TBI, qui utilisent les TICE et toutes les nouvelles technologies (je suis personne ressource TICE, je connais le problème). Vous oubliez les tuteurs d'élèves ou les tuteurs de profs (qui font la mission pour la gloire). Vous oubliez tous ceux qui s'investissent dans les projets, tous ceux qui donnent de leur temps et de leur énergie, non pas pour détruire des léèves, mais pour veiller à leur réussite.

Je peux vous assurer que ceux-là sont bien plus nombreux que vous ne le pensez.

Evidemment, on prête plus facilement l'attention à une phrase de type "vivent les vacances" que "la pédagogie est une réflexion appliquée aussi méthodiquement que possible aux choses de l'éducation"...

Parfois penser à autre chose, ça aide aussi à affronter des classes où la tension sera forte, où le risque de violence physique ou verbal est constant...

Quant à la question que vous soulevez en prenant pour exemple Balzac, je crains qu'elle ne soit pas uniquement imputable aux profs... qui regrettent également ce manque de culture. Fut un temps, je m'amusais à noter les perles de nos élèves... jusqu'à ce que je me demande qui était responsable de questions ou réponses telles que :

"Les préliminaires, c'est avant ou après ?" (véridique)

"Sarkozy pour être président, il a dû signer un formulaire"

Commentaire n°77 posté par laetitia le 13/12/2011 à 15h39

Bug. Lire réponse commentaire suivant

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 16h18

où est mon commentaire ? Où sont mes réponses?

Commentaire n°78 posté par laetitia le 13/12/2011 à 15h53

Le précédent post que vous avez publié a été coupé lors l'enregistrement (trop long, je pense, il doit y avoir un nombre de caractères maximum pour les commentaires) et il n'en est resté que la moitié du texte que j'avais moi-même écrit. Je présume que vous vouliez répondre point par point.

C'est pourquoi je l'ai supprimé. Je peux le restaurer (EDIT : voilà, c'est fait), mais cela n'apportera pas grand chose. Désolé pour vos réponses qui ne sont pas passées...

J'espère que vous voudrez bien les réécrire...

Réponse de David Sarrado le 13/12/2011 à 15h57

Merci à tous de poursuivre ce débat de manière aussi cordiale.

D'après les commentaires, les éléments à retenir, entre autres, seraient, selon les avis :

- la fracture entre le public et le privé

- le questionnement sur les heures effectives de travail

- la revalorisation salariale

- la compensation de la difficulté par des acquis sociaux

- la reconnaissance du métier

Que la discussion se poursuive !

Commentaire n°79 posté par David Sarrado le 13/12/2011 à 16h10

Je suis jeune prof de math et j’avoue avoir souvent du mal à écouter les profs se plaindre, j’ai passé le concours parce que je désirais devenir enseignant en ayant conscience de la plupart des contraintes. Donc je bosse et je ne rale pas par respect pour les autres si je pense trouver mieux ailleurs, je partirais mais ce n’est pas encore le cas car j’aime mon métier.
Ce qui est dommage, c’est que j’interprétais cet article comme une simple explication de l’origine de nos « avantages » (18h/sem et les vacs)  et cela se transforme en forum ou tout le monde se lache un peu, si vous souhaitez vous exprimez surtout n’oubliez pas que vous avez  le droit de vote, vous savez ce qui reste à faire.
35 heures hebdomadaire présent en établissement ? pourquoi pas ! certains n’aimeront pas l’idée mais ça ferait taire d’autres, il faudrait par contre que ce soit donc totalisé sur 10mois car j’avoue que pendant une semaine de congé scolaire je bosse moins qu’en période de conseil de classe. Il faudrait une espèce de pointeuse…bon après certains feront comme dans beaucoup de boites, et passeront plus de temps à trainailler sur le net à boire un pti café. D’ailleurs je ne connais pas beaucoup de métier où l’on ait à 200% pendant une heure de travail, je vois pas trop comment je pourrais fumer une clop ou aller sur facebook pendant que je suis en train d’enseigner, alors que combien de personnes le font dans le privé ? Au final, quelque soit le métier, nous ne savons jamais qui travaille vraiment ou pas pendant 35h/sem.
 Pour l’enseignant chercheur qui se plaint et bien qu’il vienne faire de la pédagogie à un élève de 12ans au lieu de faire un monologue dans un amphi si cela lui semble nettement plus facile et en plus mieux payé, je pense que le rectorat sera d’accord. Finalement si certains sont malheureux ben faites ce qu’il faut soit pour changer de profession ou alors cesser de parler pour rien.
Bref, personellement, je ne me plains pas (et je rejoins le commentaire de virginie), car je savais ce qui m’attendait et je suis satisfait du rapport travail/salaire/plaisir. Par contre je constate une chose simple c’est que dès que j’annonce qu’elle est ma profession, les critiques volent alors que finalement peu rêve de prendre notre place. Il suffit de regarder le nombre d’inscrits au concours, il n’y a plus vraiment foule.
Par contre concernant l’article, faites attention aux chiffres, il faut éviter de se brouiller s’il on veut exposer un temps de travail avec le salaire correspondant, on ne peut pas parler d’hsa, hse, heure de boulot supplémentaire pour le PP, car cela engendre certes plus de travail mais aussi plus d’argent, or une erreur s’est glissé à la fin…car un prof à 18h sans être PP débutant gagne à peu près 1600€/mois si on part sur le principe des 10mois, pour calculer notre revenu mensuel si nous ne sommes pas « payer » pendant les vacances nous devons faire 1600*12/10 ce qui nous donne un salaire minimum de 1920€ mensuel or le SMIC est à moins de 1100€ ce qui fait que nous gagnons au moins 1,74 fois le SMIC et non 1,2 (mon collégue d’éco aurait pu s’en apercevoir ;-) )  et je trouves cette paie déjà bien honorable, surtout que c’est un minimum… Mais finalement il semblerait que cette loi des 10mois n’existe pas vraiment donc nous sommes payé 2mois à être plutôt tranquille chez nous ce qui est un sacré avantage. 

Commentaire n°80 posté par jaco le 13/12/2011 à 22h56

- la reconnaissance du métier

C'est surtout ca le problème... La reconnaissance.. le reste (salaire, temps travaillé, etc...) est secondaire. On recherche surtout la reconnaissance de notre métier par la société..

Ensuite derrière ce mot "RECONNAISSANCE", on peut entendre de nombreuses choses...:

La reconnaissance du salaire? oui mais bon, sans être mirobolant, faut pas trop se plaindre.. oui, on n'a pas (ou si peu) de primes (mais on a la sécurité de l'emploi...) oui, le pouvoir d'achat est moindre que pour nos grands parents... mais ceci est valable pour tous les niveaux de la société... donc.. on se plaint.. comme tout le monde...

La reconnaissance des congés payés... on aurait l'air malin de se plaindre pour nos vacances tiens! par contre, on peut nous accorder le fait qu'elles sont méritées.. et que PERSONNE n'a le droit de nous denier le droit d'en profiter sans culpabilité. Oui, on a des vacances mais on travaille intensément durant les temps de travail.. 50h/sem en moyenne... mais j'ai plein de vacances... alors ca compense... j'assume mon travail tout autant que j'assume mes vacances...

Mais alors d'où vient ce problème de reconnaissance??? Et qu'est-ce que c'est la reconnaissance?

Petit Larousse

J'aime particulièrement celle-ci:

ACTION DE RECONNAITRE QUELQUE CHOSE COMME VRAI OU REEL

Et celle-ci: ACTION DE RECONNAITRE QUELQUE CHOSE COMME LEGITIME

Il est légitime d'être reconnu.. nous avons un métier comme les autres... certains métiers sont reconnus d'autres moins... mais demander à être reconnu est légitime.. Nous sommes une réelle profession et non un "truc pour ceux qui ont le feeling avec les gosses"... On ne s'improvise pas enseignant.. on l'apprend.

Depuis quelques temps, l'enseignant n'est plus ce qu'il était.. il réclame d'être reconnu comme étant un professionnel... Les enfants critiquent la compétence des enseignants (ca a tjrs été.. :) ), les parents aussi (la société de consommation... ca n'aide pas.. ) mais jusqu'à maintenant, nous avions le soutien de l'état... Depuis quelque temps, l'état veut réduire la formation des enseignants à quelques heures de cours théoriques par ci par là.. et se propose de mettre en situation frontale les jeunes enseignants sous l'argument de: "Rien de tel que le terrain...".

C'est peut être vrai pour certaines professions (et encore je suis sûr qu'un boulanger doit s'offusquer quand un apprenti ne sache pas faire une règle de trois..) mais un minimum est toujours nécessaire: compétence, objectif, pédagogie freinet, différenciation, pédagogie par manipulation, aide personnalisée, progression linéaire, spirallaire, circulaire, livret personnel de compétence, RASED, UPI, ULIS, SEGPA, etc etc..

Comme dans chaque profession, nous avons un minimum de choses à savoir pour tenir une classe.. un feeling est un plus... mais insuffisant pour être à même d'être autonome..Le gars qui est la main verte ne sera pas forcément un bon paysan, jardinier paysagiste, etc...

Nous avons la responsabilité de vos enfants... de leur vie à venir... certains ont la vie de patients entre leurs mains (infirmier, médecin, etc...) On leur reconnaît ce "pouvoir".

Les enseignants ont REELLEMENT la vie à venir de leurs élèves entre leurs mains. Leur connaît-on ce fait en considérant qu'un stagiaire sous formé peut remplacer un enseignant, qu'un gars qui a un master 2 peut aller enseigner sans aucune formaiton... Même un infirmier doit avoir un minimum de formation pour remplacer. Mais non, nous on peut prendre un petit jeune qui sort de la fac pour faire un cours à des terminales S spécialité SVT.. car... un professeur n'est qu'un livre sur pattes... (Heureusement pour nos enfants que ce n'est pas le cas...)

On a la responsabilité de leurs avenirs mais on ne nous reconnait pas cette responsabilité.

Je me fous du salaire, je me fous du temps passé pour mettre en place une pédagogie propre à motivier mes élèves et une différenciation pour celui qui ne sait toujours pas lire en CM2... mais cela me met très en colère quand je suis obligé d'accompagner un stagiaire en situation de classe qui ne comprend même pas un traître de mot de ce que je lui dis... et qui croit avoir face à lui non un enfant mais une éponge savante capable d'emmagasiner tout ce qu'on lui assène.

Vous connaissez vous des professions où il n'y a pas un minimum de formation avant?

Moi pas..Je pense qu'on souhaite surtout de la reconnaissance des autres professionnels... On n'est pas à plaindre... mais on n'est pas à envier non plus.. l'ambivalence est là.

J'aimerai faire aussi une petite remarque pour ceux qui se croient "malins" de dire: "z'avez fait le choix du métier alors si vous êtes pas content changez!!! ".. j'ai bien envie de leur dire: "si vous changez de métier pour faire le métier d'enseignant parce qu'il est siiiii sympa... pourquoi ne le faites-vous pas? mmmh? Vous auriez une super paye et plein de vacances? Y a même un spot de pub: l'éducation nationale recrute!"

Il n'y a pas de sous métier (on le dit suffisamment souvent)... mais il n'y a pas de sur métier non plus... Et si le métier d'enseignant était un métier comme les autres, avec du stress, de la responsabilité, de la compétence et qu'il soit reconnu par tous comme tel.

Pour prouver que ce n'est pas le cas: regardez les préjugés que tant de personnes ont vis à vis des enseignants... être libre d'organiser son travail personnel fait de nous des fainéants... (un cadre de droit privé qui est libre d'organiser son emploi du temps n'a pourtant pas les mêmes préjugés épinglés sur son dos...).

Ce n'est pas parce qu'on travaille à la maison qu'on ne fait rien pour autant... le FACE à FACE élève ne serait rien sans le travail à la maison.. vous croyez que les leçons ont les trouvent TOUTES sur internet? Si c'était le cas, le MEN peut faire de super économies!

1 ORDINATEUR PROFESSEUR pour chaque enfant dès l'âge de sept ans.

Non .. enseigner est un métier. Et il faut le reconnaître comme tel.

Commentaire n°81 posté par Zantigui le 13/12/2011 à 23h14

J'ai du mal à comprendre l'intérêt de l'article ? Si un concours au corps de métier le plus à plaindre, y'a mieux ! Que dire des enseignants-chercheurs ?

Salaire "risible" comparé au niveau de la profession (bac+8, et je ne compte pas le post-doc dedans), des cours/TD à revoir régulièrement (car la Recherche avance) + réunion pédagogique + réunion administrative de l'UFR + les activités de Recherche (ce qui comprend là aussi un nombre impressionnant de démarches administratives...) + la diffusion et vulgarisation scientifique + l'expertise, etc...

Je ne connais aucun collègue qui fasse moins de 40h par semaine (temps effectif sur le lieu de travail) + le travail "à la maison" (bibliographie, corrections en tout genre, préparation de cours) + travail le WE (au labo ou à domicile), on approche facilement des 55/60h par semaine ! Et pour peu qu'on soit responsable d'un labo ou d'une Licence/Master, ou encore un poste de VP dans l'université et là c'est le ponpon !

Des vacances ? ça existe ? Mise à part l'été, ça sert souvent de prétexte pour "rédiger" (les publications scientifiques) pénard à la maison.

Un bon salaire ? un jeune MCU c'est 1800€ net/mois... s'il a fait un post-doc, il peut espérer rentrer échelon 3, donc 2100€ net/mois pour ~60h par semaine, très peu de vacance, et un statut ingrat en prime (pas de reconnaissance hormis par ses pairs).

La sécurité de l'emploi ? Même pas. Depuis peu, les universités peuvent recruter des "maitre de conférence contractuel" : le pied total !

On parle toujours des enseignants du primaire/secondaire mais rarement du supérieur. Et pourtant la situation est très très préoccupante !

Commentaire n°82 posté par Zed le 14/12/2011 à 15h59

Bonjour,

je connais la situation des MCU. Elle est effectivement un peu surréaliste, si l'on fait le rapport durée d'étude-coût des études/Toutefois, je ne vois pas l'intérêt d'opposer professeurs des écoles /professeurs de collèges ou de lycées / MCU ou professeurs de fac...

Chacun sa mission et ses tâches à accomplir, mais dans le même objectif : la réussite de nos élèves.

Des profs et des sous-profs ?

Dans les autres corps de métiers, je n'ai jamais entendu de remarques aussi fratricides.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 09h04

Jmy préparais depuis toute petite à être prof, mais en le touchant du doigt j'ai fini par l'abandonné mon projet. Je trouve que la gestion des problématiques liées à l'école est complètement insensée... A peine témoin et j'ai fui ce bourbier de frustration et de colère. On pourrait faire tellement mais tellement autrement avec ce qui est vraiment VRAIMENT important! A tous niveaux. La vie est simple, merde!

Commentaire n°83 posté par Diane le 14/12/2011 à 16h02

Bonjour,

Voila un article que je trouve intéressant. J’adore les stats

Malheureusement, il est difficile de faire une généralité sur le nombre d'heure de travail d'un enseignant. Ce dernier est variable, tout comme celui d'un salarier.

1) Si je peux me permettre, il est plus logique de parler d'heure de travail par an ou d'un salaire annuel. On le sait tous que d'un mois à l'autre, il y a bien souvent des irrégularités.

Je reviendrais sur les 1,5h pour 1h de présence plus tard.

2) Au minimum, un prof travaille 18h par semaine de travail. (PS : Je ne parle pas des profs de fac qui ont un autre salaire et qui un nombre d’heure de travail différent par an). Il y a 52 semaines dans une année. Un prof a des vacances comme tout le monde le sait: 2 semaines en décembre, 2 semaines en février, 2 semaines en avril, 8 semaines en été et 1,5 semaine en octobre. Il reste donc 36,5 semaines de travail.

=> 18*36,5 = 657h de travail par an AU MINIMUM

Mais ca existe. Dans mon cas,  j'en ai connu 1 prof qui, arrivait en cours et osait te dire "quels sont les exercices que je vous ai donné la dernière fois?" , qui corrige l'exo en direct et parfois bloque sur l'exercice car ne l'avait pas lu, qui recopie le cours du livre sur le tableau et qui corrige les copies pendant que les élèves font un exo. Ce prof, ne bossait pas chez lui!

3) Au minimum, un cadre fait 35h par semaine de travail. Il a 5 semaines de vacances et on va dire 2 semaines de RTT. Il reste donc 45 semaines de travail

=> 35x45= 1575h de travail par an AU MINIMUM (2,4 fois plus que le minimum d’un prof)

4) Pour un prof qui fait 1,5h chez lui pour 1h de cours, cela fait 18*2,5 = 45h par semaine.

=> 45*36,5 = 1642,5h de travail par an (dans l’épaisseur du trait par rapport au salarié qui fait le strict minimum)

=> Un prof qui fait 43h par semaine fait en fait ce qu’un salarié fait en 35h par semaine si on étale sur 1 an.

5) Pour ce qui est des 1,5h pour 1h de travail, je ne sais pas d’où sort ce chiffre et si il reflète vraiment la réalité ? Ca veut dire qu'il y en a qui font moins et d’autre plus. Si il y en a qui ont des stats la dessus, je suis preneur. Idem pour ceux qui ont des arguments qui justifient ce chiffre.

6) En terme de salaire, je ne connais pas le salaire d’un prof a l’embauche. Je vais parler en net, ce qui est le plus parlant. Apparemment, un prof gagnerait 1,2*le smic au début. Le smic est a 1100 euros => 1320 euros/mois => 15840€/an net.

Donc 15840 euros pour 657h (pour un prof qui en fout pas une) => 24,1euros net / heure

Donc 15840 euros pour 1575h (pour un prof qui passe 1,5h en plus de son heure de cours), =>10,1 euros net / heure

De la même façon, je ne connais pas le salaire moyen d’un cadre qui fait 35h. Mais je vais me baser sur une valeur estimée a partir de ce que je vois sur le net : 19250 euros / an net

Donc 19250 euros pour 1575h (pour un cadre qui en fou pas une) => 12,22 euros net /heure (moitié moins qu’un prof)

7) CONCLUSION

Un jeune prof peut être payé 24,1€ net / heure SI il ne bosse qu’en cours

Un jeune prof peut être payé 10,1€ net/ heure SI il bosse 2,5 fois plus que sa présence en cours

Un jeune cadre peut être payé 12,22€ / heure SI il fait le strict minimum, à savoir 35h/s

Je vous laisse libre de faire votre propre conclusion

Je viens d’écrire ces phrases non pas par jalousie de ce métier (sinon je le ferrais, quoiqu’il y en a déjà beaucoup trop sur les listes d’attente et encore plus qui essayent d’avoir le concours pour être prof) mais plutôt en réponse à cet article qui incite le lecteur à avoir une vision du nombre d’heures et salaire différent de ce que les chiffres me prouvent.

Merci aux lecteurs de me dire si vous ne partager pas cet avis et pourquoi. 

Commentaire n°84 posté par Michel le 14/12/2011 à 20h18

Bonjour,

en fait selon le JO du 8  Mai 1981 (lire réponse au commentaire n°67), une heure de cours équivaut à trois  heures de  travail (2 pour 1 et non 1.5 pour 1).

Le salaire de départ (1e échelon) est de 1.615 € bruts mensuels.

Sans vouloir vous vexer, votre argumentation repose sur une annualisation des heures minimales de travail. Or ce calcul est dès le départ biaisé, même pour un prof qui "ne fout rien" (réunions pédagogiques, conseils de classes, bulletins à remplir, copies à corriger, parents à rencontrer... même pour celui qui ne fout rien, il y a des obligations de travail qui n'entrent pas dans ce calcul).

De toute façon, le "prof qui ne fout rien" doit penser au revers de la médaille : une progression de carrière à l'ancienneté, en raison des mauvaises notes pédagogiques et administratives auxquelles il doit s'attendre...

En outre, je connais des cadres qui arrivent, avec les RTT, à 11 semaines de vacances (disons plutôt 55 jours). Je connais aussi des personnes qui dans le privé travaillent 7 jours par mois, grâce à des journées de 12h suivies de repos légal de 2 x 12h. Tout cela pour vous montrer qu'il ne faut pas être aussi catégorique. Sinon, tous à la pointeuse !

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 08h54

1. Sur cette question, il faut lire le travail de deux économistes statisticiens qui ont fait paraitre un long article : "les enseignants dans la société : 1982-2005".

2. Le SMIC est une mauvaise base de comparaison : comme l'objectif du SMIC est de réduire les inégalités de salaires entre les salariés les moins biens payés et les autres, il est normal de voir cet écart se réduire avec le temps. Se plaindre que l'écart de son salaire avec le SMIC se réduit revient à mettre en cause la baisse des inégalités. D'autant que ce n'est qu'en début de carrière que le rapport est de 1,2 ou 1,5 plutôt avec la revalorisation Chatel ! Or l'enseignant double son salaire au long de sa carrière donc à la fin il arrive à 2,8-3 fois le SMIC !

3. Il est faux de dire qu'un prof est payé sur 10 mois, c'est une vue de l'esprit ! Le salaire de base (indiciaire) est le même que pour un inspecteur ou un attaché. La différence de salaire ce sont les primes et là c'est vrai un prof en reçoit peu. Cela dit, le prof est bien un cadre à temps partiel : il travaille moins qu'un inspecteur ou un attaché donc il est normal qu'il ne gagne pas autant. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.

Commentaire n°85 posté par james le 14/12/2011 à 21h39

Bonjour,

Tout d'abord un enseignant ne double pas son salaire entre le début et la fin de carrière.

Ensuite, en ce qui concerne le mythe des 10 mois, lire les commentaires précédents sur lequel je reviens à plusieurs reprises.

Enfin, merci pour le "cadre à temps partiel".

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 08h58

Je trouve cet article intéressant, surtout pour ceux qui nous critiquent sans cesse. Mais il est dommage qu'il soit incompris. Il ne s'agit pas là de se plaindre, mais d'informer ceux qui portent des préjugés sur notre métier. Et d'ailleurs, certains préjugès ont la dent dure. Rassurez-vous, la société ne nous paie pas pour ne rien faire!!!

Je trouve très drôle de lire des commentaires comme: 'Vous vous plaignez tout le temps, MOI MON travail est pire!!!" Il me semble que ce sont ces personnes là qui se plaignent, qui comparent

Je ne vois pas écrit dans cet article que nous faisons le pire travail, que nous sommes mal payés ... Seulement que les choses n'ont pas évolués, seulement que nous travaillons cmme les autres, que notre salaire est mérité, comme dans tous les matiers.

Et surtout que nous en avons marre d'être traités de fainéants.

Il ne me viendrait jamais à l'esprit de critiquer une personne qui se lève le matin pour aller bosser. Je trouve qu'il n'y a plus de respect. Chacun choisit son métier. Chacun a le droit de rencontrer des difficultés et d'en avoir marre, ou pas.

J'accepte les inconvénients de mon métier, mais je n'accepte pas qu'on me fasse des réflexions pour un oui ou pour un non.

Et si nous faisons grève, comme d'autres professions d'ailleurs, c'est pour améliorer les conditions de travail, pour nous certes, mais aussi pour les enfants. Non, nous ne sommes pas des égoistes comme certains semblent le croire.

Je finirai en disant que si vous en avez marre de lire des articles sur les profs, et bien ne lisez pas!!! c'est si simple!

Commentaire n°86 posté par Nathalie le 15/12/2011 à 09h47

Bonjour,

je n'ai pas dit mieux jusqu'alors.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 10h01

Article intéressant, si ce n'est que les éléments cités dedans sont faux.

Les enseignants sont bel et bien payé sur 12 mois et non sur 10. Ce qu'explique l'auteur n'est qu'une légende urbaine.

A l'instar des autres fonctionnaires, les rémunérations des enseignants dépendent des grades et des échelons de l'enseignant qui définissent un indice. Le salaire mensuel correspond à l'indice multiplié par la valeur du point d'indice. Donc pour le salaire annuel, on multiplie par douze.

Et quand on compare aux grades équivalents dans la fonction publique d'état ou territoriale, on constate que les rémunérations des enseignants sont équivalentes. Il n'y a pas d'écart de salaire entre les enseignants sur leur rémunération de base.

Là où on constatera effectivement parfois une différence, c'est sur les primes que les autres catégories de fonctionnaires peuvent toucher et pas les enseignants.

 

Concernant le temps de travail, l'auteur parle de 20h de cours + 25h pour la préparation, les corrections, etc... soient 45 heures par semaine. Les enseignants travaillant 36 semaines, cela correspond à 1620h par an. Si on rapporte cette durée de travail à 47 semaine (comme pour les autres fonctionnaires), on arrive à 34,5h par semaine.

En conclusion, les enseignants ne gagnent (hors primes) et ne travaillent ni plus ni moins que les autres fonctionnaires. CQFD

Pour finir, je suis d'accord sur le principe que les profs ne gagnent pas suffisamment au regard du travail effectué, mais cela dessert le débat de faire appel à des arguments fallacieux

Commentaire n°87 posté par Sylvain le 15/12/2011 à 14h48

Bonjour,

le problème que vous soulevez, quant aux "10/12e", a été mentionné à plusieurs reprises (ex: réponse au commentaire n°65) et l'auteur du texte lui-même m'a reconnu l'erreur.

Quant au temps de travail, il est en fait de 1 + 2 (et non de 1 +1.5, lire réponse au commentaire n°60).

Les arguments n'étaient pas "fallacieux" mais erronés. le débat a permis de rétablir l'ordre des choses.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 15h16

Je suis toujours tristement amusée de voir le tollé que suscitent les argumentations, sans animosité ni sensiblerie excessive, élaborées par des enseignants pour tenter de casser les mythes autour de cette fonction et de ses avantages.

-> Les professeurs travaillent peu.

-> Les professeurs sont toujours en grève, jamais contents.

- > Les professeurs sont des planqués, des privilégiés.

-> Les professeurs sont plus payés que les autres.

-> Les professeurs ont des avantages que les autres n'ont pas.

Etc.

Pour le français moyen, semble-t-il, ou alors disons pour l'internaute francophone moyen, les professeur n'ont pas, au regard de la liste des arguments ci-dessus, le droit de se plaindre. Il convient cependant pour moi de préciser que je suis d'accord avec un de leurs points : on choisit d'être professeur, mais on ne choisit pas toujours d'être tel salarié du privé. Cependant, choisir une voie professionnelle, même avec beaucoup d'enthousiasme, n'est pas incompatible avec en voir les limites et les inconvénients. Cela s'appelle simplement faire la part des choses.

Les nouveaux certifiés (des deux dernières années) et ceux des années à venir ont / auront minimum Bac+5. Je ne trouve donc pas déconnecté de la réalité le salaire de 1500 ou 1600 euros dès le début de carrière.

Comme l'a souligné Laurent Tarillon, un cours, ça se prépare. Même quand on a plusieurs années d'expérience derrière soi. Avec les changements d'établissements et la répartition des classes, rares sont les professeurs qui font les mêmes enseignements deux années consécutives pendant leurs dix premières années de carrière. Fraîchement arrivé dans le collège/lycée, on compose avec le/la/les collègue(s) plus anciens qui ont leurs petites habitudes. Exit le niveau 4eme qu'on connaissait bien, bonjour les 6eme-5eme-4eme-3eme.

Je dirais ici, non dans le but de faire pleurer dans les chaumières, mais pour souligner toute la diversité existante, un mot particulier en tant que professeur de langues : 6eme LV1 (1ere année), 5eme LV1 (2eme année), 4eme LV1 (3eme année), 3eme LV1 (4eme année), 4eme LV2 (1ere année), 3eme LV2 (2eme année) + classes dites "européennes" : 4eme, 3eme.

Voilà qui fait 8 niveaux différents potentiels... face auxquels j'ai dû intervenir ces deux dernières années. Inutile de dire que lorsque le public change (6eme débutants, 4eme débutants) on ne PEUT pas faire le même cours... (et là je ne parle que des profs titulaires, pas de ceux qui en tant que Titulaires d'une Zone Géographique = TZR font des remplacements à la chaîne et découvrent dans la semaine qui précède quelles classes ils vont avoir)

 

Combien d'heures pour bien faire mon boulot ? Beaucoup. Mais c'est un choix personnel. Je pourrais me laisser porter davantage par la vague. Il est vrai que j'ai envie d'intéresser mes élèves, de chercher des choses qui vont leur parler, au lieu de leur asséner des connaissances à emmagasiner sans me préoccuper de ce qui a de l'attrait à leurs yeux. Après le cours, mettre à jour le cahier de textes en ligne pour permettre aux élèves absents ou n'ayant pas compris de compléter, corriger. Cela prend du temps pour chaque classe...

Ceci dit, cela ne m'intéresserait pas de faire comme certains amis du privé qui font un travail correct mais "le minimum" planqués devant leur ordinateur ou en magasins avec leur beau petit gilet. J'aime m'investir pleinement, sachant que cela ne me rapporte rien et qu'il s'agit d'une démarche inintéressée : pas de promotion. Pas de prime d'efficacité ou de résultats. Pas de petits cadeaux pour le meilleur employé du mois.

 

Je ne dirai pas qu'en tant que prof on ne peut pas traîner sur Facebook ou jouer au solitaire au bureau, ni avoir une pause déjeuner de 2 heures imposée et règlementaire, car tous les salariés du privé ne font pas ça. Mais j'en connais beaucoup qui ont une souplesse d'adaptation à leurs impératifs personnels que je n'ai pas. Impossible pour moi de prendre un coup de fil personnel, de répondre à des mails, de faire des pauses cigarettes ou d'aller chercher un thé ou un café à la machine. Impossible d'aller aux toilettes en dehors de la récréation : pas le temps.

Des détails triviaux ? Certes. Mais je ne les évoque que dans un but : souligner l'importante présence des élèves. Le groupe classe de 25 voire 30 gamins auxquels il faut accorder une attention constante. Quoi qu'on en dise, ça n'est pas rien. Pas de RTT, de très rares heures sup', pas de tickets restaus, pas de réduction de CE... Je m'en fiche. Je ne fais pas ce métier pour l'argent. Je suis même ravie de faire un métier dans lequel je n'ai pas de rapport d'argent avec mes interlocuteurs. Mais, du coup, je ne peux que bondir quand je lis que les professeurs sont intéressés ou avantagés financièrement.

Professeur, c'est une vocation. Un métier merveilleux mais avec de nombreux inconvénients, parmi lesquels la dénigration permanente par l'opinion publique. Parce qu'ils pensent faire un métier plus digne de ce nom ou plus difficile ou parce qu'ils pensent que le fait d'avoir des enfants fait d'eux des connaisseurs du rapport aux jeunes, des personnes étrangères au système qui n'en connaissent ni les tenants ni les aboutissants, collent des étiquettes peu flatteuses.

Les chiens aboient, la caravane des élèves qui progressent passe....

Commentaire n°88 posté par Jeune Prof le 15/12/2011 à 15h56

Bonjour,

Je suis l'auteur du n°84 et souhaiterai aporter aussi une réponse à celle que vous m'avez fait.

1) Tout d'abord ne vous inquietez pas, je ne suis pas vexé par vos remarques. Nous sommes ici pour débattre et essayer de comprendre pourquoi nous n'avons pas la même vision.

2) Je prend en compte votre remarque: vous me dites maintenant qu'il s'agit en fait de 3h de travail au lieu de 2h30 que j'avais pris pour base. Je note aussi le fait qu'un prof ne peux pas se limiter à 18h par semaine au minimum (réunion prof, réunion pédagogique,rencontre avec les parents). J'ai précisé que pour les copies et bulletins, certains se permettaient de le faire en cours soit:

Si réunion prof = 6h*3 = 18h par an mini (merci de me dire si ce chiffre est trop faible)

Si réunion pédagogique = 5h*6 = 30h par an mini (merci de me dire si ce chiffre est trop faible)

Rencontre parent = 20*1h = 20h par an mini  (merci de me dire si ce chiffre est trop faible)

Alors mes nouveaux chiffres sont:

=> 18*36,5 +30+20+18 = 725h de travail par an AU MINIMUM (2,2fois moins que le salarier qui fait le strict minimum)

=> 54*36,5 = 1971h de travail par an (Ce coup ci on est a 25% de plus que le salarier qui fait le stric minimum)

Pour ce qui est du salaire brut, j'avais une fois de plus pris la valeur que vous annonciez dans votre article, à savoir 1,2 fois le smic...

je me suis permis de chercher un peu sur le net. Il y a un article publié récement qui dit que le salaire des jeunes ensaignants ne serait pas de 1615€ comme vous le dites ou 1,2 fois le smic comme vous l'aviez dit mais 2000€ brut (Le figaro, les eccho ont annoncés ce chiffre il y a même pas 1 mois)

Je ne sais pas d'ou vous sortez votre chiffre mais si je peux me permettre, je vais prendre celui dont je cite ma source

Mes chiffres devienent donc:

Donc 18480 euros pour 725h (pour un prof qu fait le minimum) => 25,5 euros net / heure

Donc 18840 euros pour 1971h (pour un prof qui passe 2h en plus de son heure de cours), =>9,55 euros net / heure

De la même façon, je ne connais pas le salaire moyen d’un cadre qui fait 35h. Mais je vais me baser sur une valeur estimée a partir de ce que je vois sur le net : 19250 euros / an net

Donc 19250 euros pour 1575h (pour un cadre qui fait le minimum) => 12,22 euros net /heure (moitié moins qu’un prof qui fait le minimum).

PS: Un cadre fait en moyenne 47h/s => 9,1€ net par an pour celui qui débute

J'en ai terminé avec mes chiffres ^^

Cordialement 

Commentaire n°89 posté par Miichel le 15/12/2011 à 19h17

Le Figaro et les "Ecchos" ont peut-être annoncé que le salaire des profs passaient à 2000 euros bruts (c'est bel et bien le cas d'ailleurs pour le corps des agrégés) mais ça n'est pas le cas des certifiés.

Si vous voulez vous informer, lisez plutôt ici :

http://www.education.gouv.fr/cid1058/professeur-certifie.html

Commentaire n°90 posté par Jeune prof (bis) le 15/12/2011 à 19h21

Bonjour,

deux chiffres ont été annoncés par un ministre : il assurait que les salaires allaient passer de 1.500 nets à 2.000 bruts...

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 20h26

Commentaire n°91 posté par Jeune prof ter le 15/12/2011 à 19h45

Merci pour ce lui qui est fort interessant.

Je lis qu'un stagiaire gagne 1584 euros soit 19008 euros net par an.

Voyez vous j'avais estimé ci dessus avec les 2000 euros brut une valeur de 18480 euros. (mon taux net/brut de 0,77 ne doit pas etre valable pour le métier d'enseignant...) Donc même ci ce n'est pas quelqu'un d'agréé mais certifié, mes stats tiennent la route.

Commentaire n°92 posté par Miiichel le 15/12/2011 à 19h47

Non, elles ne tiennent pas la route.

Mon message précédent n'a pas marché ou a été censuré.

Heureusement je l'ai enregistré.

Je vous le re -copie-colle !!

 

 

Edit : *que le salaire passait

_______________________________________________

Sinon pour les rencontres parents-profs, cette année j’ai fait 16h40 – 20h30 trois soirs pour le 1er trimestre. Donc 12 heures. Pareil aux autres trimestres = plutôt 36 heures annuelles, sans compter les rendez-vous en dehors du créneau officiel (parents n’ayant pas pu venir, etc)

____________________

Réunion de profs : 18h annuelles on est LARGEMENT mais alors LARGEMENT en dessous. Multipliez ça par 3 pour la quotité annuelle. 36h, donc.

________________________________

N’oubliez pas non plus les conseils de classe (à 1h30 le conseil de classe quand ça va vite, présence à 4 conseils obligatoire chaque trimestre = 6 heures par trimestre donc 18 h annuelles)

________________

Remplir les bulletins et corriger les copies en classe, effectivement, certains collègues parviennent à faire une partie, une infime portion pendant qu’une classe fait un contrôle. Mais c’est de la science-fiction que de penser que TOUT le travail peut être fait en classe. Donc en partant du principe qu’il n’y a que 6 devoirs  par trimestre à corriger, pour une classe de 30 élèves (je précise que je n’ai que des classes de 30 élèves, le chiffre n’est pas choisi au hasard), à coup de 5 minutes par copie et de 6 classes : 150 minutes, soit 1h30 par paquet de copie, x 6 = 9h par classe, x 6 = 54 h par trimestre, x 3 trimestre = 162 heures. Je précise que ce trimestre chacune de mes classes a eu un minimum de 10 notes…

______________________

Je vous fais grâce de la moitié du temps pour la partie « bulletins » (à 2 minutes par élève, pour 180 élèves, ça nous fait 6h, x 3 trimestre, 18h annuelles) à remplir en considérant qu’effectivement, une partie peut être faite pendant qu’une classe fait un exercice.

_____________

Nous en sommes donc à : 36h + 36h + 18 h + 162 h + 9h = 261 heures

____________

Auxquelles il convient d’ajouter les 18h de cours hebdomadaires, x 36,5 semaines = 657 h

___________________

Ajoutons à présent le temps de préparation à la maison. 1h minimum (là encore, vous voyez que je prends un chiffre au rabais…) pour chaque heure de cours donnée. Donc 657 h de plus.

657 + 657 + 261 = 1575 heures

_______________

Tout ceci en partant du principe que le professeur n’effectue pas la moindre heure supplémentaire. Sachant que nous n’avons pas le droit de refuser 2 heures sup( = 1 classe de plus, = 20h hebdomadaires et la préparation supplémentaire que cela engendre)

________________________

Et là c’est super marrant. Je n’ai pas fait exprès mais ça tombe exactement sur le nombre que vous avez attribué à un « cadre qui fait le minimum » ^^

___________________________

1575 heures pour 1666 (2 ans de carrière) * 12 )= 19992 euros annuels, ça nous donne un ratio de 19992/1575 = 12, 693333 euros 

Donc 0,40 centimes de plus par heure par rapport au « cadre qui fait le minimum ».  Plus rien à voir avec vos 25% supplémentaires, si ?

J’en ai terminé avec les chiffres à mon tour.

Commentaire n°93 posté par Jeune prof ter le 15/12/2011 à 20h22

Aucun message n'est "censuré"...

Réponse de David Sarrado le 15/12/2011 à 20h24

Alors il y a eu un bug ;)

Est-ce que mon long message ci-dessus apparaît, cette fois-ci ?

Commentaire n°94 posté par Jeune prof le 15/12/2011 à 20h26

Je crois, oui.

Réponse de David Sarrado le 17/12/2011 à 11h01

@ David

Le ministre actuel a peut-être annoncé une haute des salaires.

SI le gouvernement actuel est réélu ce sera peut-être le cas.

Nous sommes en période électorale. Nous verrons bien. Pour l'instant, je suis plutôt encline à croire ma fiche de paye et les sites officiels que des promesses de ministre ;)

Commentaire n°95 posté par Jeune prof le 15/12/2011 à 20h32

Bonjour,

je vois surtout que l'augmentation des salaires ne suit pas l'inflation...

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 17/12/2011 à 11h01

Vous parlez de votre propre cas. 

Moi je parle du minimum que j'estime que des profs pouront faire. Je l'ai marqué à mainte reprises "MINIMUM"

Dans le cas que vous citez (d'après votre expérience), vous arrivez, d'après ce que vous marquez à 1575h de travail par an soit 35h par semaine pour un salarié, le minimum qu'il doit réaliser.

PS: Pour les profs principales qui font les conseils de classe ont une indemnité de 117€ d'après votre site.

PS2: 30 eleves par classe ne doit pas être de tout repos et j'espère que la moyenne nationale est en dessous de ce chiffre sinon, nous avons du soucis à se faire.

Mais bon sachez que si j'enviais votre métier je le ferrais, ce qui n'est pas le cas. L'inverse est également vrai. Libre à vous de quitter votre métier, car il y a de la succession.

 

Commentaire n°96 posté par Miiichel le 15/12/2011 à 21h01

Je parle de mon cas personnel pour citer des sources plus probantes que Le Figaro ou les Echos (hum).

 

Et NON, ce n'est pas juste MON cas personnel. Pour ce qui est des conseils, copies, corrections, même celui qui en fait le minimum est dans le même bateau.

 

Vous refusez de revoir votre copie (hihi) et c'est attristant. Aucun intérêt du coup de débattre avec vous puisque vous refusez d'entendre raison.

Commentaire n°97 posté par Jeune prof le 15/12/2011 à 21h06

QUant à votre dernière remarque "quittez votre métier, il y a de la succession"

je préfère ne même pas répondre.

 

J'adore mon boulot. J'en vois les limites et les inconvénients (ça s'appelle avoir les pieds sur terres et faire la part des choses) mais je n'ai pas envie d'en changer. Donc gardez ce genre de remarques pour vous ^^

Commentaire n°98 posté par Jeune prof le 15/12/2011 à 21h08

Bonjour,

comme je l'ai écrit précédemment, je crois que peu d'entre nous ne souhaitent quitter le métier, car nous croyons en notre mission.

Toutefois, nous regrettons que les conditions qui nous sont données, et qui sont donc données aux élèves, se dégradent dans de nombreux domaines.

Dans ce débat, ceux qui critiquent oublient souvent que le centre de la problématique reste l'élève.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 17/12/2011 à 11h10

Alors là je dis attention aux légendes! ce fameux décret qui enlèverait aux enseignants 2 mois de salaire demeure introuvable ! De plus, si l'on considère que le calcul du salaire des fonctionnaires est basé sur le point d'indice (le fameux!), on peut alors se rendre compte que les enseignants ont le même nombre de point d'indice que les autres fonctionnaires de catégorie A...(http://www.emploitheque.org/grille-indiciaire-etat.php#) donc, à moins que l'on ai retiré 2 mois de salaires aux ingénieurs de TPE, ou aux chargés d'études documentaires, il est plus probable que les enseignants soit eux aussi payés sur 12 mois. Par contre, le temps de travail moyen d'un enseignant est bien de 40 heures hebdo en moyenne (ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/ni0243.pdf) ce qui finance nos petites vacances. Les 2 mois d'été (qui en fait n'en font que 1 mois et demi rapport aux surveillances et corrections du bac et du brevet qui peuvent se prolonger jusqu'au 10 juillet facilement) correspondent alors à peu près aux 5 semaines de congés payés agrémenté de quelques RTT. Non, le vrai problème actuellement c'est cette nouvelle réforme qui vise à nous faire évaluer par le chef d'établissement qui, comme son nom l'indique est le chef de l'établissement et non des enseignants dont le supérieur hiérarchique directe est l'IPR. Comment un chef d'établissement pourrait-il évaluer les compétences disciplinaires d'un enseignant? Le bon prof sera donc celui qui "brasse" le maximum d'air ou, autrement dit, l'évaluation portera sur ce qui n'est pas le métier d'enseignant, confirmant ainsi l'école dans son rôle de garderie pas cher. Enfin pas cher pour l'instant, car l'objectif avoué du ministère est de se diriger vers un système à l'anglo-saxone avec des école privée cher et peu efficace, des écoles privée très cher et très efficaces et des écoles publique pas cher et regroupant tous les cancres locaux et quelques "profs" peu exigeants.

Commentaire n°99 posté par champi-gnon le 15/12/2011 à 23h14

Bonjour,

l'erreur relative aux 10/12e a été expliquée à de nombreuses reprises dans les réponses que j'ai pu apporter aux commentaires.

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 17/12/2011 à 11h00

Je suis agrégée de lettres classiques et je me destine au métier de professeur parce que c'est à mes yeux le métier dans lequel je me sens la plus utile à la société, mais j'ai pu entendre autour de moi, comme les commentaires de cet article le montrent, des remarques et préjugés très négatifs sur les profs, ce qui me choque assez profondément car les professeurs n'ont pas mérité ce dénigrement. Et de fait, comme les enfants entendent les adultes autour d'eux dénigrer les profs et l'école, cela ne leur en donne certainement pas une bonne image et ne les encourage pas à travailler à l'école.  

Je travaille actuellement comme professeur de français dans une des meilleures universités américaines. Ce semestre j'ai enseigné 1 cours (= 3h) et le semestre prochain j'enseignerai 2 cours (les mêmes, soit 6h). Je dois assurer 2h de permanence dans mon bureau (où la plupart du temps aucun élève ne vient) et 1h de "table française" par semaine. Pour ces 7,5h de présence sur le campus, je suis payée 2,100$ net par mois (soit 70$/h!). Voilà ce que j'appelle avoir un statut "privilégié". Pas de conseil de classe, 3 réunions d'1h par semestre pour préparer les examens, et 7 semaines de vacances (hors été).  

Si l'on calculait, comme certains aiment le faire, mon nombre d'heures de travail "minimum" annuel serait ridicule par rapport à un prof français. Mais ici, on tient compte du fait que c'est ma 1e année d'enseignement, donc il me faut beaucoup de temps pour préparer un cours, car comme disait quelqu'un on essaie d'intéresser les élèves, de trouver des vidéos et des chansons pour faire découvrir la culture française à nos élèves et les intéresser. Et quoi que certains paraissent penser, 1,5h de préparation par heure de cours, ce n'est pas beaucoup ! Ce semestre j'ai parfois passé 5 ou 6h sur un même cours, à écrire des exercices ou chercher sur internet des vidéos ou des informations. 

On prend également en compte le fait que nous avons beaucoup de devoirs à corriger (des copies à chaque cours, 8 contrôles, 3 rédactions, etc) et que cela prend aussi beaucoup de temps.

Depuis que je suis aux Etats-Unis, chaque fois que j'explique que je suis prof de français à Duke tout le monde me félicite et me traite très respectueusement. Donc oui, j'ai vraiment pris conscience que j'étais véritablement privilégiée de pouvoir travailler dans ces conditions quand on voit ce qui se passe pour la plupart de mes amis qui ont commencé à enseigner cette année et qui galèrent avec leurs 18h à enseigner, leurs copies, certains n'ont pas de tuteur, etc.

Le système universitaire (et scolaire en général) américain a beaucoup de défauts, mais il a au moins une qualité c'est de délivrer un enseignement de qualité (dans les bonnes universités) et de valoriser les professeurs, qui ne sont pas considérés comme des fainéants sous prétexte qu'ils ont beaucoup de vacances. En contrepartie, une véritable excellence est demandée aux professeurs pour que leurs contrats soient renouvelés (j'ai été "inspectée" par 3 personnes différentes ce semestre dont la professeur qui dirige le programme), et les élèves remplissent pour chaque cours une évaluation du professeur et du cours en fin de semestre. Si les professeurs étaient inspectés sérieusement et plus souvent en France, il y aurait peut-être moins de mauvais profs (je dis bien peut-être). Il faut dire aussi qu'aux Etats-Unis les profs ne sont pas recrutés sur concours ; ils doivent passer un véritable entretien d'embauche et envoyer une vidéo d'un de leurs cours. Ils sont recrutés pour leur pédagogie avant tout.

Je ne dis pas cela pour opposer les Etats-Unis et la France, ou pour dire qu'aux Etats-Unis tout est parfait (certains diront "si les profs sont si privilégiés là-bas, restez-y !"), loin de là, mais la comparaison est instructive sur la place du professeur dans la société et la considération qu'on lui témoigne.     

Je souhaitais enfin dire 2 choses à ceux qui tapent encore et toujours sur les profs : si vous cherchez réellement des fainéants et des privilégiés, regardez-donc du côté de l'administration, où on pourrait trouver combien d'exemples de fonctionnaires planqués qui font pile leurs 35h par semaine (pas une mn de plus ...), prennent des pauses à rallonges et se mettent en arrêt maladie pour un rien. Ces gens-là coûtent beaucoup à l'Etat pour un travail qui pourrait être fait par 1 personne au lieu de 3. Mais bon on trouvera toujours des contre-exemples et ce serait aussi une généralisation abusive ...

(Enfin, en tant qu'agrégée de lettres ça me fait un peu mal au coeur de voir les articles de profs du secondaires émaillés de tant de fautes, dont certaines graves ...) 

Commentaire n°100 posté par billie le 16/12/2011 à 03h17

Bonjour,

merci pour ce témoignange qui ouvre ce débat très "franco-centré".

Cordialement.

Réponse de David Sarrado le 17/12/2011 à 11h03
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