Partager l'article ! 2011 à Saint-Nicolas de Port ou Petit exercice de voyance: 2011 sera une année particulière dans la vie politique de la ville de Saint-Nicolas ...
2011 sera une année particulière dans la vie politique de la ville de Saint-Nicolas de Port.
Tout d'abord, 2011 sera une année électorale. En mars prochain,
nous irons choisir, pour la dernière fois peut-être en raison de la probable réforme des collectivités locales, le conseiller général qui gèrera le canton de Saint-Nicolas de Port et le
représentera au Conseil général de Meurthe-et-Moselle. A un peu plus de 2 mois des échéances, peu de candidats se sont localement déclarés.
A gauche, Jean-ClaudePISSENEM (maire d'Azelot et conseiller général du canton depuis 2004, vice-président au CG54 à l'éducation populaire, aux sports et à la coopération décentralisée) brigue un ultime mandat. Il aura pour suppléante une Portoise impliquée dans la vie associative locale.
Pour le reste , c'est le flou presque total : les écologistes vont probablement présenter une candidate de Rosières-aux-Salines ; l'UMP sera représentée par Jean-François GUILLAUME (maire de Ville-en-Vermois, conseiller régional fraîchement élu en mars 2010). Selon les derniers bruits de couloirs, le MODEM ne serait pas en mesure de présenter un candidat sur le canton.
Quid alors de Luc Binsinger, ancien candidat malheureux à ce poste ?
Sa situation est difficile. D'une part, le maire "aux multiples appartenances politiques" est en froid polaire avec ses anciens amis du MODEM. Après leur avoir tourné le dos l'an dernier à l'occasion des élections régionales (rappelez-vous le mot de François BAYROU lui-même : c'est un "pigeon voyageur"), il ne peut décemment plus se présenter sous l'étiquette orange. D'ailleurs, il semblerait que le ralliement de Luc Binsinger à la liste UMP de Laurent Hénart en mars 2010 ait tué dans l'œuf le MODEM local.
D'autre part, il ne peut techniquement pas se présenter sous l'étiquette UMP, compte-tenu de la présence déjà annoncée de M. GUILLAUME, conseiller régional UMP. L'UMP meurthe-et-mosellane et l'UMP lorraine ne pourront tolérer qu'un candidat, auquel elles ont ouvert les portes, ne vienne se mettre en travers de la route de l'un de ses rares élus au conseil régional de Lorraine.
Compte-tenu du différend qui subsiste entre le maire de Saint-Nicolas de Port et celui de Ville-en-Vermois, il reste alors l'hypothèse de la candidature par procuration. Luc Binsinger, le "maire qui a plus d'un tour dans son sac", pourrait ne pas être candidat afin de conserver les faveurs de la droite locale en vue des élections municipales de 2014. Et alors il pourrait soutenir dans l'ombre un autre candidat : il se dit en effet, "dans les milieux autorisés" comme aurait dit COLUCHE, qu'un candidat local issu d'un groupuscule politique totalement inconnu du grand public serait de la partie... Wait and see.
Ensuite, 2011 est une année anniversaire : cela fait une
décennie déjà que Luc Binsinger et son équipe gèrent la ville de Saint-Nicolas de Port. A ces 10 ans, il serait possible d'ajouter les 6 années où Luc Binsinger appartenait à l'équipe majoritaire
de Gilles Aubert...
10 ans et la ville a changé. Ca va bientôt faire 7 ans que je suis installé ici, mais aux dires de tous ceux qui ont connu la ville au siècle dernier, le centre-ville est devenu moribond, vide et déserté. Les trottoirs sont sales et crottés. La ville n'attire pas plus les curieux et les touristes : Saint-Nicolas de Port est certes connue dans les réseaux d'information par les coups médiatiques de son maire, par la bataille du lundi de Pentecôte, par l'illumination de la basilique, par l'incendie du Champy, par l'apéro Facebook...
Les questions que chaque Portois devra se poser au moment de commémorer le 10e anniversaire de l'accession au trône de SAS Luc Binsinger sont les suivantes :
Depuis Luc Binsinger, ma ville de Saint-Nicolas de Port est-elle plus vivable aujourd'hui qu'hier ?
Depuis Luc Binsinger, est-ce que je me reconnais dans ma ville ? Est-ce que je m'identifie à elle ?
Depuis Luc Binsinger, est-ce que les efforts de la ville portent sur moi, citoyen portois lambda, ou semblent-ils porter sur un tout autre intérêt ?
La grande question est de savoir s'il est utile, pour le vivre ensemble, le vivre au quotidien, que la ville soit citée par la télévision régionale ou nationale. L'image que donne la ville est-elle l'image qu'en ont ou qu'en ressentent les citoyens ?
En effet, en 10 ans, les finances sont tombées dans le rouge (voir articles à ce propos ou chiffres officiels du Ministère du budget). En 10 ans, les bâtiments communaux ont été délaissés ; aujourd'hui, la commune, qui n'a plus les moyens d'entretenir son patrimoine, vend les moindres de ses propriétés foncières pour faire rentrer un peu d'argent dans les caisses. En 10 ans, les bâtiments communaux ont été négligés ; aujourd'hui, les budgets nécessaires à l'urgente rénovation de l'école Jean Moulin, de l'espace François Mitterrand, de la villa Malraux (la MJC) ou de la tour de brassage du musée français de la brasserie sont énormes. Alors la ville vend ou rase : elle a vendu la villa du parc Hanus à de riches retraités, elle a vendu le local des personnes âgées, elle va raser l'espace François Mitterrand, elle va détruire le city-stade de la rue du 4e BCP et détruire les terrains de basket rue Gaston Agar... Alors il va falloir construire ou reconstruire : construire une nouvelle halte-garderie, construire une nouvelle cantine, construire une nouvelle école, reconstruire le musée du cinéma, reloger les associations, reloger les personnes âgées...
Le mois dernier, lors d'une réunion extraordinaire des membres du conseil municipal, l'adjointe "aux finances dans le rouge" a expliqué que la suppression de la taxe professionnelle n'aurait pas d'incidence sur le budget de la ville, le manque à gagner étant totalement compensé par la contribution économique territoriale (CET). L'adjoint "à l'eau toujours plus chère et potable quand elle n'est pas marron" a même émis l'idée d'impacter cette manne financière inattendue par une baisse des impôts ! Techniquement infaisable, l'idée a été abandonnée. Pourtant lors de l'expression de ses vœux pour la ville, monsieur le maire "qui dit toujours la vérité à ses concitoyens" a assuré que la situation financière de la ville, sans être critique, était à surveiller de près, en pariculier à cause "de la baisse des subventions d'Etat"...
Alors, il va quand même falloir faire avancer la ville. Il va falloir construire et répondre aux promesses électorales émises : l'an dernier un club-house était promis au club de tennis portois. Le projet ne semble pas sortir de terre, mais cette année, monsieur le maire pommade à nouveau l'une des plus grandes associations locales en lui promettant un nouveau terrain couvert.
La ville finalise son projet, louable certes, de maison de l'enfance, malgré l'urgence de (re)construction d'une école ou d'une maison des associations.
Alors il reste 3 ans à l'équipe majoritaire pour se refaire une santé.
Car 2011 marque enfin l'entrée dans la seconde moitié du deuxième mandat. Luc Binsinger ne manque pas de promesses pour ces 3 dernières années, celles qui lui offriront la réélection ou non : lors de ses vœux, le maire a annoncé la reconstruction de la zone du Champy, la construction d'une zone commerciale en entrée de ville, la construction d'un parking sur l'espace Brudchoux.
Le maire "qui a le droit à ses colonnes dans l'EST REBULICAIN, lui" mise sur le coup de communication qui va le remettre devant les caméras à l'occasion des premières pelletées ou de l'inauguration ; il mise sur l'aspect esthétique, sur le clinquant, le faste et le somptueux qui va résulter d'une telle construction en entrée de ville pour marquer le subconscient des électeurs ; il mise sur un retour financier de la part du promoteur et des entreprises pour renflouer les caisses ; il mise sur l'embauche de quelques chômeurs portois pour se refaire une virginité sociale.
Mais c'est oublier d'une part que l'enseigne CARREFOUR, moteur du projet, n'est plus à ce jour aussi favorable au projet. Lors de la campagne municipale en 2008, l'adjoint "à l'implantation des commerces quels qu'ils soient pourvu que ça mousse" annonçait de manière théâtrale que MATCH s'installait sur la zone des anciens pétroliers et que la ville était sauvée. Alléluia !
Et c'est oublier d'autre part que les conséquences pour le centre-ville seront nombreuses : c'est la fin du commerce de proximité et du supermarché MATCH (quelle aubaine ! un terrain pour une future salle des fêtes !), c'est inévitablement la délocalisation des artisans du centre-ville vers des cellules en zone commerciale, c'est la multiplication du trafic en entrée de ville. De plus, annoncer la création de 400 emplois est un leurre : chacun sait que le nombre d'emplois réellement créés est bien inférieur ; les entreprises viennent avec leurs cadres, les artisans déplacent leurs personnels.
L'année 2011 sera politiquement forte localement. Il va falloir suivre de près tous les dossiers !