Durant la campagne municipale que j’ai pu mener aux côté de Daniel
Poissy en 2008, nous avons constaté qu’un grand nombre de Portois ressentent un profond malaise face à la vie politique locale d’une manière générale. Nous avons aussi constaté le fort besoin
qu’ils éprouvent de trouver des espaces où ils pourraient s’exprimer librement et être entendus ; espaces qui, à l’heure actuelle, manquent cruellement dans notre commune.
C’est ainsi qu’il y a quelques jours j’ai reçu un courriel très intéressant de la part d’une habitante du Petit Rhône, au sujet de l’illumination de la basilique :
Après avoir subi une augmentation significative des impôts locaux, nous
avons le plaisir, de réceptionner dans nos boites aux lettres : un appel, non ! que dis-je, des appels aux dons. Un, émanant de la fondation du patrimoine, et un autre du maire pour
l’illumination de la basilique. Avouez que cela ne manque pas de sel !!! Madame Irma, me fait dire que nos impôts augmenterons encore l’année prochaine (peut être il y a-t-il eu un
budget prévisionnel!)
Le commentaire était malheureusement anonyme et l’adresse de réponse incertaine, c’est pourquoi je me suis contenté de répondre ce court message :
Comme vous, j'ai été destinataire du prospectus d'appel aux dons. Notre
groupe avait prévenu M. le maire de ne pas engager de dépenses avant d'avoir les fonds. Nous n'avons pas été entendus. Avec la disparition de la taxe professionnelle et la dangereuse baisse de la
capacité d'autofinancement de la ville, votre prédiction risque de se trouver réalisée.
Quelques jours plus tard, je recevais ce message :
Je partage votre première analyse. je vais simplement étoffer mon commentaire. Je crois comprendre que l'illumination de la basilique ainsi que la protection de l'appellation
"Saint Nicolas®", s'inscrivent dans le même objectif : qui est le développement du pôle et de l'attrait touristique de la ville. Mais surtout une appropriation quasi malsaine d'une histoire,
d'une fête, populaire et familiale ; symbole de développement et vecteur de richesse pour la Mairie. D'un point de vue purement éthique, cela me semble en inadéquation avec les valeurs de la
république, c'est tout de même une fête chrétienne. Sur le long terme, cela pourrait rendre la ville attrayante pour diverses entreprises ; peu d'intérêt désormais, grâce à la
suppression de la taxe professionnelle. Ou encore donner une certaine "valeur ajoutée" à la ville en terme d'emplois, ainsi que des rentrées d'argents pour la mairie. Mais sur le court terme,
cela met en branle les finances de la mairie, promet pour le citoyen une forte augmentation des impôts ; ceux-ci déjà mis à contribution par le gouvernement et les municipalités. Inutile de
rappeler, la désormais célèbre taxe carbone (une avance de trésorerie, clame le gouvernement !) ainsi que la suppression de la taxe professionnelle et ces conséquences .Dois-je aussi rappeler
que c'est la crise, des gens perdent leurs emplois ! La ville de Saint Nicolas n'échappe pas à la règle. L'incertitude et le doute planent, le projet du M. le maire semble bien futile en ces
temps troublés.
si j'ose, parler d'infrastructures, les touristes hypothétiques ne vont pas être déçus du voyage à Saint Nicolas ® .Cette ville est un calvaire à conduire, impossible de se stationner, sans faire les deux tours règlementaires de la ville .Il doit avoir deux ou trois restaurant et pas d'hôtel. Autant dire aux touristes de venir en vélo, avec une tente, et un sandwich. Je ne vais même pas aborder le sujet du développement durable, et celui de l'économie d'énergie, car il est évident que ce projet est un gaspillage.
Alors oui je suis indignée, j'ai le sentiment d'être prise en otage. j'explique, si les dons ne sont pas à la hauteur de espérances de la municipalité que va-t-il se passer ? La municipalité renoncera t-elle à l'illumination de la basilique ? NON car celle-ci a déjà obtenues des subventions. Simplement, elle augmentera les impôts ! L'un dans l'autre je serai donc obligée, de contribuer, et cela me révolte.
Pour conclure,il me semble cohérent, voir logique d'avoir des infrastructures avant LA décoration. De rappeler la séparation de l'État et de l'Église faisant de notre pays, un pays laïque. M. le maire qu'il le veuille ou non en est garant, et ne peut donc pas associer la commune et la religion.
Voilà donc ma pensée, mon commentaire, pour deux évènements qui me semble liés. Bien entendu je vous autorise à utilisé mes deux commentaires. Je ne manquerai de passer sur votre blog lire votre article. Avec mes sincères encouragements
A mon tour alors de répondre et de prolonger le débat.
En ce qui concerne le projet d’illumination de la basilique, il est bien évident que nous ne pouvons pas, sur le principe, nous y opposer. Il s’agit de la mise en valeur du patrimoine local et à ce titre l’effort mérite naturellement d’être fait, ou du moins, la question de l’effort à produire mérite d’être posée.
Toutefois, il me semble qu’un tel projet doive obligatoirement s’accompagner de 2 réflexions essentielles :
1) La projet d’illumination de la basilique de Saint-Nicolas de Port s’inscrit-il dans une démarche de valorisation touristique globale ?
2) Le projet d’illumination de la basilique est-il, en l’état, viable financièrement ?
Or, il me semble justement qu’à ces 2 questions viennent un certain nombre de réponses, qui malheureusement ne vont pas dans le sens choisi par M. Binsinger et son équipe.
La valorisation du patrimoine : il me semble que l’illumination aurait dû s’inscrire dans un projet global, dont le point d’orgue, l’ultime étape aurait été l’illumination de la basilique.
Or, qu’en est-il aujourd’hui ?
Les tours de brassage du Musée de la brasserie demandent des réparations immédiates et des investissements financiers lourds. Le Musée du Cinéma et de la photographie est excentré et bien loin du trajet des touristes potentiels ; en outre, la mairie envisage la destruction du complexe François Mitterrand, ce qui demande de s’interroger sur la relocalisation du Musée. La rue Anatole France est triste, lentement désertée par les petits commerces et inadaptée à la flânerie, par le passage incessant des camions (et ce malgré le panneau d’interdiction de passage des poids lourds dans le centre de Saint-Nicolas de Port, panneau situé Route de Ville-en-Vermois, au niveau de la clinique vétérinaire).
En outre, l’afflux de touristes est limité par le nombre de restaurants et d’hôtels présents sur la commune. Nous pouvons d’ailleurs nous demander si l’illumination, à des heures tardives de la journée, est en adéquation avec l’attrait des touristes pour une visite de la ville et de ses petits commerces.
De plus, étant donné la position géographique du bâtiment, en fond de cuvette, nous nous interrogeons sur l’attrait spontané de touristes que pourrait occasionner l’illumination de la basilique, qui, selon les termes de M. le Maire, devait faire de l’édifice « un phare dans la nuit ». J’ai proposé à mon équipe de faire un relevé topographique des endroits (routes) alentour depuis lesquels la basilique est visible : je suis certain que l'impact sera limité.
Le gouffre financier : contrairement à ce qu’avait annoncé M. Binsinger lors de la campagne municipale de 2008, il apparaît de manière quasiment certaine maintenant que les Portois devront mettre la main à la poche, au moins pour financer le fonctionnement annuel, sinon pour combler le déficit financier du projet. Nous avons toujours insisté sur le fait que les fonds devaient être levés avant que le projet ne soit mis en œuvre. Seulement, il semble plus important de faire dans le sensationnel, dans le communiquant, dans le spectaculaire, bien avant de faire dans le raisonnable. D’ailleurs, on peut s’interroger sur ce coup de comm’ qui intervient quelques semaines avant des élections régionales, durant lesquelles M. Binsinger espère s’octroyer un siège de Conseiller Régional.
Si nous nous félicitons des subventions attribuées par le Conseil général et le Conseil Régional, à hauteur de 53% du montant global du projet, nous nous inquiétons sur la levée des 47% restants. Les portois ont reçu plusieurs appels aux dons, dont le dernier en date, par M. Binsinger lui-même, résonnait comme une imploration. Or, les sommes ont déjà été prélevées sur le budget 2009. La ville de Saint-Nicolas de Port a déjà payé. Avec les impôts des Portois. La question des finances se pose exactement de la même manière avec le pôle enfance, dont on nous dit aujourd’hui qu’il est sur les rails, alors que les fonds ne sont pas disponibles et les subventions, en ces périodes de crise, aléatoires.
Il est important de rappeler à tous les Portois que les finances de la ville ne sont pas aussi saines que ne veut bien le prétendre M. Binsinger :
Les recettes de fonctionnement baissent de 3.39% ; les charges de fonctionnement augmentent de 1.55%. Ces deux tendances amènent un effet de ciseau qui génère un excédent qui baisse de plus de 36% par rapport à 2006, une capacité d’autofinancement nette de dettes bancaires qui devient négative (alors qu’ elle était de 514.046€ en 2006 !) et un encours de dette par rapport à la CAF qui progresse dangereusement 3.8 en 2006, 7.58 en 2007, 8.01 en 2008.
Et en même temps, on constate, en plus des 100.000€ d’indemnités que s’allouent le maire et ses adjoints, que l’entretien des bâtiments, voies et réseau est un secteur délaissé puisque 30.000€ prévus au budget n’ont pas été utilisés (économisés ?) et que les dépassements budgétaires en fêtes et cérémonies sont comme pour les exercices précédents en hausse de 8% (un dépassement de 5.787€ dans un budget de 36.057€ en 2008 en dépenses de fêtes, cérémonies, foires et réceptions).
De manière très démagogique, en période électorale, M. Binsinger a voulu baisser les impôts de 10%. Aujourd’hui les rentrées financières de la ville sont en péril. La disparition de la taxe professionnelle ne fera que creuser un peu plus le trou. La compensation proposée (si elle existe un jour réellement) se fera probablement sur la base du taux existant avant la suppression. Nous constatons ici une erreur grave de jugement et d’anticipation de la part de M. Binsinger et de son adjointe aux finances.
Quelles sont, dans ces conditions, les véritables priorités de la municipalité ?
En ce qui concerne la question de la marque déposée « Saint Nicolas », j’ai, au nom de l’opposition portoise, déposé un recours auprès de l’INPI. La réponse est attendue le mois prochain. Il se trouve que ce débat a largement dépassé les frontières de notre commune et de notre département et de nombreuses requêtes en annulation ont été déposées auprès de l’INPI. Mais une fois de plus, nous nous interrogeons d’une part sur la pertinence des projets en cours, d’autre part sur la philosophie de tels projets.
Je ne tiens pas à refaire ici le débat sur la question de la marchandisation et l’accaparation autoritaire d’un patrimoine commun par une entité morale, toutefois je vous invite à consulter mes articles précédents. Une fois de plus, ce qui prime, c’est le coup de comm, c’est le bling-bling.
En ce qui concerne le développement durable, il est bien évident qu'une grande réflexion doit être lancée sur ce sujet dans notre commune.
Lorsque nous avions proposé durant la campagne municipale de 2008 la création de pédibus, nos adversaires se sont ri de nous à gorges déployées. Et aujourd’hui, ils veulent reprendre le concept à leur faveur.
Lorsque nous avions parlé de pistes cyclables et de sécurisation des alentours du collège, nos opposants se sont ri de nous. Et aujourd’hui des enfants se font renverser sur le trajet de l’école par les voitures.
Lorsque nous avions émis l’idée de réduire la durée d’allumage des réverbères, nos opposants se sont ri de nous, arguant du fait que nous allions développer la terreur et la violence dans les rues sombres de la ville. Et aujourd’hui, ils éclairent à l’aide de 120 projecteurs un bâtiment inhabité tout en assombrissant par des ampoules fades et nettement meilleur marché un quartier à forte densité de population : le quartier Prignet.
Il y a tant à dire en ce moment sur les décisions qui sont prises au plus haut niveau de la commune. Mais c’est la Saint-Nicolas et sous couvert de cette fête, synonyme de partage, M. Binsinger espère. Il espère nous faire avaler la pilule. En utilisant la ville de Saint-Nicolas de Port, il espère faire suffisamment parler de lui pour satisfaire son carriérisme politique.
La vérité sortira de l'ombre. Que chaque lecteur de cet article le fasse suivre et que le débat se prolonge !
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