Lors du dernier conseil municipal, le 17 décembre 2009, en
mairie, M. Laugel, vous avez cru bon devoir intervenir, une fois le dense ordre du jour épuisé, durant la séance des questions diverses.
Après vous être mortellement ennuyé pendant 2 heures, vous avez, M. Laugel, conseiller municipal délégué à l'accessibilité des personnes en situation de handicap, soudain levé les yeux (chose que vous n'aviez pas daigné faire pour nous saluer) et ouvert la bouche pour revenir sur l’article publié par le groupe « projet de ville, projet de vie » dans l’espace réservé aux listes minoritaires du dernier Bulletin d’Informations Municipal.
Dans ce rédactionnel, nous estimions que « les trottoirs de la rue du 4e BCP [n’étaient] pas adaptés aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite ». M. Laugel, dans une diatribe véhémente, vous avez assuré que les trottoirs étaient conformes aux cahiers des charges émis par les bureaux d’études diligentés et à la réglementation. Vous avez terminé votre discours, sous les "bravo !" de vos colistiers, en affirmant que nous avions tenu des propos scandaleux, ou, pour reprendre vos termes exacts, « des propos mensongers ».
Pour que des propos soient « mensongers », il convient que ceux-ci n'expriment pas la réalité ou soient fondés sur un mensonge ou donnent une idée fausse de la réalité. Or, à aucun moment, nous n’avons écrit ou insinué que les trottoirs n’étaient pas conformes à la législation en vigueur. A aucun moment, nous n’avons voulu insinuer que les trottoirs ne respectaient pas l’esprit de la loi sur l’accessibilité aux personnes en situation de handicap.
"Des propos mensongers"
Alors, pourquoi avons-nous tenu de tels propos ?
Parce que nous estimons qu’il existe un certain nombre d’erreurs dans la conception de la rue du 4e BCP :
- Parlons du trottoir de droite (la rue est à sens unique, suivons le sens des véhicules) : comme vous pouvez le constater sur les photos suivantes, la largeur dudit trottoir est insuffisante pour permettre aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite de circuler. Elle est même nettement insuffisante pour le piéton lambda, obligé de se contorsionner, entre les bacs à poubelle, les réverbères, les rétroviseurs des véhicules en stationnement et les murs des habitations, pour avancer.
- Ou alors considérons alors qu’un seul trottoir est nécessaire pour le déplacement des personnes en situation de handicap et que c’est celui de gauche. La loi (décrets et arrêté du 31 août 1999, modifiés par la circulaire du 23 juin 2000) impose des dispositions pour l'aménagement des trottoirs qui, sans s'étendre à une mise en conformité, s'applique à toute modification sensible d'une voie existante ou lors de la création de nouvelles voies. Ainsi, la largeur des trottoirs a été portée à 1,40 m (avec une recommandation à 1,80 m, ce qui permet théoriquement le croisement de deux fauteuils roulants). En outre, si l’on considère la situation des personnes ayant recours à des aides à la mobilité (accompagnateurs ou chiens-guides d’aveugles), les trottoirs doivent avoir une largeur minimale de 1,20 m. De plus, le fauteuil roulant à propulsion électrique requiert quant à lui un diamètre de rotation pouvant atteindre 1,70 m.
Sur la photo ci-dessous, l’espace compris entre le poteau et la bordure est de 1,10 m.
Sur la photo ci-dessous, un « bout » de trottoir n’est toujours pas fini, ce qui peut-être invalidant pour les personnes en situation de handicap (visuel et moteur en particulier), car la surface du sol, le revêtement doivent être plans, non glissants et praticables par tous les temps.
Nous nous interrogeons donc sur 4 points :
1) Dans ces conditions, et compte tenu de sa largeur finale interdisant toute circulation piétonne, à quoi et à qui sert le trottoir de droite ?
2) Pour quelle raison le trottoir de gauche n’a-t-il pas été pensé comme un véritable axe de déplacement sécurisé ? Pourquoi trouve-t-on régulièrement des bouches à incendie et des réverbères, dont le positionnement sur la bande de déplacement est problématique pour les personnes handicapées ?
3) Le trottoir de gauche est utilisé à longueur de journée comme lieu de stationnement pour divers véhicules, les heures critiques étant celles de sorties des écoles Jean Moulin et Paulette Castel. Certes, ce n’est pas la faute de la municipalité. Mais quelles mesures ont été prises pour rendre à ce trottoir sa fonction ?
4) Un passage piéton avec bande podotactile (visible sur la photo ci-dessous) a été installé au milieu de la rue. Excellente initiative, mais nous nous demandons à qui cela va bien pouvoir servir, eu égard à la largeur du trottoir de droite et à la difficulté de se déplacer sur celui-ci…
Enfin, à titre personnel, je crois qu’il aurait été nécessaire de réfléchir à la création d’une piste cyclable : en supprimant les places de stationnement (cela rappelle la pertinence du parking qui fut un temps prévu rue Pierre Jacobi avant de devenir lieu d’habitation), il était non seulement possible d’élargir le trottoir de gauche tout en sécurisant, pour les riverains, la maigre bande de circulation de droite mais également de créer un espace cyclable traversant la ville perpendiculairement à la « piste » (si tant est que l’on puisse réellement parler de piste cyclable) créée rue du Blanc Mur. Une véritable politique des transports et de cohérence des quartiers aurait pu voir le jour par la création d’axes de déplacement alternatifs (par exemple, sur cette carte : pistes cyclables en rouge, zone piétonne ou à circulation limitée en vert).
Alors, M. Laugel, je regrette amèrement votre attitude aigrie et votre emportement excessif. Mais chacun au conseil municipal joue un rôle. Le vôtre, nous l'avons cerné depuis bien longtemps, c'est celui du « franc-tireur ». Malheureusement, vous n’avez rien de « franc » et tout du « tireur » ; mais cela, nous le verrons dans un prochain article…
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