Partager l'article ! Masseret vs. Hénart : la campagne se durcit: [Contexte : Le président socialiste de la région Lorraine s’emporte contre le premier ministre ...
[Contexte : Le président socialiste de la région Lorraine s’emporte contre le premier ministre luxembourgeois et l’UMP dénonce aussitôt un «dérapage inacceptable». Jean-Pierre Masseret n’a pas particulièrement apprécié que le premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker et le président CDU du Land allemand de la Sarre, Peter Müller, assistent lundi 1er mars à un meeting de Laurent Hénart. Il leur a assuré qu'il leur demanderait des explications. Frédéric Lefebvre a aussitôt dénoncé dans un communiqué de l’UMP «un dérapage inacceptable qui mérite des excuses.» La participation de ces deux personnalités politiques étrangères à un meeting d’élections régionales françaises «ne peut justifier un tel comportement.»]
Les socialistes lorrains et mosellans ont partagé l’étonnement de Jean-Pierre MASSERET de voir un premier ministre en exercice, fût-il d’un pays voisin et ami, prendre partie dans une campagne électorale purement hexagonale et aux enjeux régionaux et locaux.
Mais voir un homme politique libéral venir soutenir la politique ultra-libérale de l’UMP et de ses candidats ne les surprend pas. En revanche voir Jean-Claude JÜNCKER accourir à la première sollicitation de l’UMP peut prêter à sourire quand on sait que Nicolas SARKOZY a tout fait pour empêcher la candidature de cet homme politique, plus que respectable, à la présidence du Conseil Européen.
Le reste, tout le reste, n’est que manipulations, contre-feux et écrans de fumée destinés à camoufler le vide programmatique de l’UMP et à faire oublier le non-respect des règles électorales qu’un parlementaire comme Laurent Hénart ne saurait ignorer.
Si pour Frédéric LEFEBVRE, adepte des discours musclés et de la familiarité de langage, « avoir une explication » est synonyme de « menaces », dans l’esprit de Jean-Pierre MASSERET cela ne veut rien dire d’autre qu’avoir un échange courtois entre personnes bien élevées et responsables sur un sujet de désaccord. Comme cela est le cas depuis 6 ans avec nos partenaires et voisins.
Voir Philippe LEROY, sombrer dans les mêmes tics de langage, est navrant. Le voir reprendre les approximations de la députée UMP de Thionville sur le travail de la Région Lorraine avec ses voisins européens prouve la volonté du président du Conseil Général de méconnaître les réussites de Jean-Pierre MASSERET et de son équipe. Par exemple en terme de schéma de déplacements des travailleurs frontaliers entre la Lorraine et le Luxembourg. Ce schéma a été salué par l’Europe pour sa qualité et comme une première pertinente au niveau de l’ensemble de l’Union. Ce qui n’est pas le cas des décisions de l’UMP : les frontaliers attendent toujours l’abrogation, et pas la simple suspension, du décret de Mme MORANO qui réduit très fortement leurs prestations familiales.
Pour conclure sur cette polémique créée de toute pièce, ce qui prévaudra toujours - aujourd’hui comme demain - dans l’esprit des socialistes lorrains et de leurs élus, c’est l’intérêt des travailleurs, de tous les travailleurs : Lorrains, Luxembourgeois comme frontaliers.
La grande région n’est pas seulement géographique : c’est une institution née dans les années 60 et installée à Luxembourg. Elle fédère la Lorraine, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, la Région wallonne, les communautés française et germanophone de Belgique. Son objectif est d'améliorer la coopération au cœur d’un ensemble géographique fort de 11 millions d’habitants et de 200 000 travailleurs frontaliers, la plus forte concentration au sein de l'UE. La mobilité, les transports en commun, la formation et les échanges universitaires constituent ses principaux axes de travail.
La Grande Région n’a clairement pas été une priorité pour le Conseil Régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret montrant son peu de considération à l’égard de cette institution dès qu’il en a eu l’occasion. Cette attitude a eu pour effet d’éloigner les Lorrains de l’institution d’une part et véhiculer une image négative vis-à-vis de nos partenaires d’autre part.
Depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité socialiste, l’ensemble des partenaires frontaliers regrettent le manque d’implication du Président de Région dans les programmes de coopération entre voisins. La plupart du temps JP Masseret est représenté par un de ses vice-présidents mais lorsqu’il se déplace, son intervention vise uniquement à contredire les intervenants précédents afin de remettre en cause l’utilité de telles rencontres, fustigeant le fossé entre les institutions de la Grande Région et les citoyens… paradoxal pour un Président de Région connu par moins de 20% des Lorrains.
Exemple avec le projet Belval :
Rappel : le Grand Duché de Luxembourg a engagé dès la fin des années 1990 un programme ambitieux de reconversion de ses friches sidérurgiques dans le contexte de l’occupation de l’espace et du désengorgement de Luxembourg ville. Ainsi est né le projet d'aménagement de Belval-Ouest, au cœur du bassin transfrontalier de l'Alzette.
Du coté français de la frontière, depuis 2003, l’Etat s’est engagé, en partenariat avec les collectivités territoriales (Conseil Régional de Lorraine, Conseil Général de la Moselle, Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, Communauté de Communes du Pays Haut Val d’Alzette), dans le développement conjoint d’espaces d’habitation et d’activité.
Le projet entrant dans une phase véritablement opérationnelle, le Gouvernement et le Conseil régional de Lorraine ont décidé d’intégrer le développement de Belval comme projet structurant du Contrat de Projets Etat – Région 2007-2013. Sans l’impulsion de l’Etat, la Région serait restée encore une fois en retrait. Certes elle participe au financement du tronçon routier de « liaison Belval vers l'autoroute A30 portant désenclavement du bassin de l'Alzette» à hauteur de 20%, mais elle n’a pris aucune initiative pour développer une stratégie conjointe et complémentaire à celle du Luxembourg.
Encore une fois, l’intervention des représentants de l’Etat et notamment du Président de la République a permis de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait le projet côté français. Nicolas Sarkozy, lors de sa visite en Moselle le 8 octobre 2009, a considéré le projet d’aménagement des friches de Belval comme une priorité, enjoignant Michel Mercier, ministre de l’aménagement du territoire de l’ériger en opération d’intérêt national. Considérant l’inaction française comme « le symbole d’une incapacité d’agir », le Président a proposé la création d’une éco cité qui garantirait les plus hautes normes de qualité écologique à un programme de logements et de bureaux. Le Président s’est engagé à fixer dans les six mois un programme et un calendrier.
A propos de Belval, vos informations ne sont pas exactes. Le ministre Michel Mercier est arrivée avec rien… sauf des mots ! Sans l'initiative des collectivités territoriales - et je mets le pluriel volontairement - il ne se serait rien passé. Même pas ce tronçon routier attendu depuis des années et pour lequel la Région a quand même été la première à mettre au pot.
Le problème c'est ce que la Région n'est pas le Luxembourg ou un Land allemand. Elle n'a ni les mêmes compétences légales, ni les mêmes moyens financiers. C'est l'Etat que Région, Départements (54 et 57), Communautés de Communes et Communes attendent à Belval. Et le grand absent, c'est l'Etat. Il suffit de le demander aux voisins luxembourgeois les mieux placés, ceux de Esch par exemple...