A quelques jours du premier tour des
élections régionales, il est encore difficile de dire qui sont les réels opposants aux listes majoritaires, à l'image de la Lorraine où l'opposition à la liste conduite par Jean-Pierre Masseret
fait preuve d'un silence idéologique assourdissant.
LES ENSEIGNANTS DE L'ACADEMIE DE CRETEIL pour leur
défense du
DROIT DE RETRAIT
L'école n'est pas une institution en marge de la société : c'est une institution qui fait partie intégrante de la société. Pire, l'école est le reflet de la société. Les élèves ne laissent pas
devant la grille leurs problèmes sociaux ou familiaux ; ils ne laissent pas sur le trottoir les déboires judiciaires des membres de leur famille, les histoires de viol ou d'inceste ; ils ne
laissent pas en dehors de l'établissement leurs rapports directs ou indirects avec l'alcool ou la drogue. Certes, tous ne vivent pas dans ces situations extrêmes, mais rares sont les élèves,
surtout en lycée professionnel, qui partagent leur toit avec, par exemple, 2 parents salariés.
Nos élèves ont besoin, pour développer leur personnalité, leur esprit critique et leur citoyenneté, de toute l'attention que les membres de l'équipe pédagogique (enseignants, personnels
administratifs, personnels de direction, agents...) peuvent leur apporter. Ils ont besoin d'écoute et de compréhension. Malheureusement, les diverses mesures et réformes ne vont pas dans le sens
de l'humanisation de l'école : on supprime à tour de bras les postes de surveillants, on ne remplace pas les enseignants qui partent en retraite. Le nombre d'élèves par adulte ne cesse
d'augmenter dans les établissements scolaires, ce qui ne favorise pas le contact humain. Le nombre d'élèves ne cesse de croître dans les salles de cours, ce qui ne favorise pas l'égalité des
chances de réussite.
Toujours plus avec toujours moins. Voilà ce qu'on demande aux enseignants d'aujourd'hui : faire un travail d'assistante sociale, d'éducateur, de gestionnaire, d'animateur BAFA, de
policier, tout en produisant des cours (personnalisés) qui permettent à chacun de réussir selon ses capacités.
Ou plutôt,
moins de moyens humains pour plus de technologies : plus de vidéosurveillance, plus de portails électroniques, plus de détecteurs de métaux, plus de grilles, plus de
miradors... Est-ce cela, l'école dont nous rêvons pour demain ?
L'an dernier, j'ai neutralisé un élève qui s'amusait à tirer sur des camarades avec un pistolet à billes.
"C'est sans danger ! C'est pour s'amuser !". A bout portant, ça éclate pourtant
un oeil de manière définitive... A partir de quel incident le droit de grève fait-il place au droit de retrait ?
LAURENT HENART pour les couacs du démarrage de sa
CAMPAGNE ELECTORALE
3 couacs en une semaine : c'est à se demander s'il veut vraiment remporter la région Lorraine. Lisez plutôt.
1) En début de semaine, lundi, un tract est déposé dans nos boîtes. La couleur dominante est le bleu
Marine et la rhétorique est celle à laquelle le Front National nous a habitués depuis
des années :
"le bilan désastreux des socialistes", illustrée par
3 chiffres tirés de leurs contextes.
Le citoyen curieux que je suis cherche alors le nom du probable candidat FN à l'origine du tract : foin !
Pas de nom de candidat, pas de nom de liste ! Etrange, car le Front
(on ne
peut pas lui reprocher cela) est un parti plutôt fier de ses valeurs, de ses principes, de ses Hommes et n'est pas du style à les masquer.
Ma curiosité, qui va bien au-delà certainement dans ce genre de situation que celle du citoyen lambda, me pousse à chercher, par acquis de conscience, le logo du parti responsable de la
publication. Et que vois-je ? De tout petits
(que dis-je ? de minuscules !) logos de quelques millimètres, au dos du flyer ! A croire que le candidat de l'UMP et des partis qui le
soutiennent
(désolé, je n'avais pas de loupe pour pouvoir les reconnaître) a honte de sa propre appartenance politique ! Il fut un temps encore récent où le Président SARKOZY lui-même
souhaitait la politisation du débat électoral... Et aujourd'hui, il faut montrer le moins possible son appartenance au parti de la majorité présidentielle !
Voyez-vous, le Front national a au moins de respect de ses électeurs et de son parti : il ne masque pas son étiquette.
2) Etonnant et navrant de constater que le candidat tête de liste UMP, Laurent HENART, ait autant de mal avec la géographie de la région dont il brigue la direction : mon camarade Maxime Pisano a
levé le lièvre cette semaine sur
son blog. D'après Laurent HENART,
Yutz se situerait en Meuse (cliquez sur le lien pour voir la copie d'écran). En effet, un article
consacré aux tractages de l'UMP, publié sur le site de campagne de M. HENART, commençait ainsi :
"Des Vosges à Neufchâteau, à Yutz en Meuse, mais aussi à Metz ou à Nancy, l'équipe de
Laurent Hénart était partout présente...". Moi qui ne suis pas d'origine lorraine, j'aurais pourtant juré que Yutz était en Moselle. J'ai dû me tromper.
Aujourd'hui, l'article a été modifié et on peut désormais lire :
"De Neufchâteau à Yutz, mais aussi à Metz ou à Nancy, l’équipe de Laurent Hénart était partout présente..."
3)
Toujours en géographie lorraine, Mme Grommerch, dans la partie du site UMP dédiée aux propositions pour les frontaliers, propose de mettre
"sur les rails un express lorrain mettant Luxembourg
à moins de 1à minutes de Thionville"...
La crise de l'école
Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques | 18 février 2010
Si l'école est en crise, comme l'illustrent actuellement les grèves des professeurs, cela résulte en grande partie d'un simple choix budgétaire, qui se traduit par une baisse de la part des dépenses d'éducation dans le PIB.
Ces derniers jours, l'école a été à la une des médias avec une série d'incidents en matière d'insécurité. Ces problèmes illustrent un malaise plus profond et traduisent la dévalorisation de l'institution scolaire. Celle-ci a en effet cessé d'être une priorité tant pour la société que pour ceux qui nous gouvernent.
Que l'insécurité s'accroisse dans les collèges et les lycées n'est pas vraiment surprenant : en 2004, l'Education nationale employait encore 50 000 personnes pour y assurer la « surveillance » sous différents statuts, aujourd'hui, ils ne sont plus que 28 000, quasiment moitié moins… Mais ce qui se passe sur ce plan ne fait qu'illustrer un désinvestissement plus général. La part des richesses produites chaque année, le fameux produit intérieur brut (PIB), consacrée à l'éducation était de 7,6 % en 1996. En 2008, elle n'était plus que de 6,6 %, en baisse une fois de plus par rapport à 2007. Nicolas Sarkozy veut réduire la part des dépenses publiques dans le PIB. En matière d'éducation, c'est déjà le cas chaque année depuis près de quinze ans…
Les conséquences des coupes budgétaires
1 point de PIB en moins, cela paraît très abstrait. Cela veut dire en fait qu'il manque 20 milliards d'euros au budget de l'Education pour que l'effort de la nation soit équivalent à ce qu'il était en 1996. 20 milliards en moins sur 129, c'est un trou de 15 %, il manque un euro sur six. Ces 20 milliards représentent plus de dix fois ce que l'Etat dépense chaque année pour son action à l'étranger ou encore deux fois ce que dépense le très grand ministère de Jean-Louis Borloo pour l'écologie, le développement et l'aménagement durables… Cela se traduit par des reculs majeurs : en 1996, 84 % des jeunes de 18 ans étaient scolarisés, aujourd'hui on est redescendu en dessous de 80 %. Et à 20 ans, la chute est encore plus prononcée, de l'ordre de 6 points… Tandis que 150 000 jeunes sortent toujours du système scolaire sans aucun diplôme. L'école française apparaît en outre dans les comparaisons internationales comme médiocre, parmi celles qui reproduisent le plus les inégalités sociales.
Investir dans l'avenir
Ces difficultés ne relèvent évidemment pas seulement de questions de moyens. Les racines du mal sont complexes et profondes. Il n'empêche, il n'existe aucune possibilité d'améliorer les choses dans un contexte d'austérité budgétaire accrue. Or l'école reste la principale cible des politiques de maîtrise des dépenses de l'Etat. En 2010, sur les 30 000 suppressions d'emplois publics programmées par le gouvernement, 16 000, soit plus de la moitié, sont prévues dans l'éducation. Avec des conséquences absurdes, comme la réforme de la formation des enseignants. On va les recruter un an plus tard et les envoyer faire cours sans qu'ils aient suivi quasiment aucune formation pédagogique ni stages pratiques. Simplement parce que cela permettra d'économiser quelques milliers de postes…
Ces aberrations illustrent un contresens total sur la notion d'« investissements d'avenir » régulièrement mise en avant par le gouvernement : il vient en particulier de lancer une (coûteuse) campagne de communication pour justifier le « grand emprunt ». Celui-ci « n'est pas une dépense courante, affirme cette campagne. C'est un programme qui financera des investissements dans des secteurs d'avenir… » . Mais cette distinction entre « dépenses courantes » et « investissements d'avenir» n'a plus aucun sens dans nos sociétés. L'investissement a cessé en effet depuis longtemps de s'y mesurer en tonnes d'acier et de béton. En s'attaquant en priorité aux dépenses d'éducation, censées n'être que des dépenses courantes, le gouvernement hypothèque au contraire lourdement l'avenir de notre société et de notre économie.