David Sarrado - Saint Nicolas de Port (54)
Il y a des moments, où l'on se demande si le monde ne marche pas sur la tête.
A l'heure du bilan sportif des Jeux Olympiques, les média n'ont pour seul sujet de discussion que les "crocs" rose fluo de Roselyne Bachelot !
Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'affaire, c'est-à-dire les ermites ou les expatriés principalement, Madame le Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports avait parié que si la France remportait 40 médailles à Pékin, elle irait au Conseil des Ministres affublée de Crocs rose fluo (des chaussures en plastique), que Marielle Goitschel lui avait offertes. A vrai dire, l'anecdote pourrait paraître presque drôle et bon enfant, si Madame la Ministre avait pris le temps d'analyser un peu mieux les résultats de l'équipe de France, avant de s'autosatisfaire de la réussite nationale (et j'aurais dit la même chose à un ministre de gauche).
40 médailles :
"C'est un bilan extraordinaire !" (Roselyne Bachelot dans Le Parisien)
"On a pulvérisé tous les records !" (Roselyne Bachelot dans Le Parisien)
"Je suis satisfaite." (Roselyne Bachelot sur RTL)
Effectivement, 40 médailles, c'est un bon résultat, que la France n'avait pas connu depuis fort longtemps et qui s'approche du record d'Anvers en 1920 (41 médailles).
C'est également mieux qu'à Athènes en 2004 ou à Sydney en 2000 où la France n'avait récolté respectivement que 33 et 38 récompenses.
Et pourtant, cette bonne performance me laisse un goût plutôt amer.
Amer, car ce qui compte vraiment, c'est le nombre de médailles d'or. Le nombre de victoires. Et là, dure est la réalité : 7 seulement (contre 15 à Atlanta 1996, 13 à Sydney 2000 ou encore 11 à Athènes 2004).
Amer, car la France, si elle reste dans les 7 premières nations mondiales au nombre de podiums obtenus, régresse à la 10e place au classement olympique (qui ne prend en compte que les médailles d'or). Derrière la Corée du Sud, derrière l'Italie.
Amer, car si l'on compare les résultats de la France avec les résultats de nations que l'on pourrait juger (démographiquement, socialement, économiquement) "équivalentes", comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, on découvre qu"un fossé s'est creusé.
Grande-Bretagne : 19 médailles d'or, 47 podiums, 4e
Allemagne : 16 médailles d'or, 41 podiums, 5e
Amer, car la France ne brille que dans 16 disciplines sur 37. Elle brille (ou presque) dans des disciplines où elle a toujours brillé : canoë, cyclisme, natation, escrime, tir, tir à l'arc, aviron, handball, judo. Et elle reste toujours absente dans un certain nombre de disciplines majeures : en particulier en athlétisme (1 médaille d'argent), en gymnastique (1 d'argent, 1 de bronze), en équitation (aucune récompense)...
Amer, car, une fois de plus, média et politiques annonçaient d'imparables et fantastiques victoires, avant même que les Jeux ne commencent. Et l'on a vu ce que cela a donné : fiasco de Manaudou, Flessel, Estanguet, Jossinet, Hardy, Diniz...
Je ne suis pas sportif de haut niveau, et je ne me permettrai pas de critiquer le travail de nos représentants dans l'arène, mais un travail de fond doit être réalisé sur :
- la formation des athlètes de haut niveau
- la pérennisation des athlètes en cours de réussite
- la "démédiatisation" des athlètes (qui passent parfois trop de temps à tourner des spots publicitaires ou à faire la une des journaux)
- la rage de vaincre. En France, on se contente d'être dans les 4 premiers (et souvent plus 4e que 1e). Il manque l'esprit de victoire. "Une finale, ça se gagne, ça ne se joue pas", aurait-dit Bruno Martini... C'est vrai en Grande-Bretagne ou en Allemagne, ça ne l'est pas toujours chez nous...
Toutefois, je tiens à exprimer mes félicitations aux athlètes décorés, français (Bernard, Chausson, Absalon, Jeannet...) ou non (Phelps, Bolt...), et leur exprimer toute ma gratitude pour les moments exceptionnels qu'ils m'ont fait passer devant mon poste de télévision (en handball en particulier).
A l'heure du bilan sportif des Jeux Olympiques, les média n'ont pour seul sujet de discussion que les "crocs" rose fluo de Roselyne Bachelot !
Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'affaire, c'est-à-dire les ermites ou les expatriés principalement, Madame le Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports avait parié que si la France remportait 40 médailles à Pékin, elle irait au Conseil des Ministres affublée de Crocs rose fluo (des chaussures en plastique), que Marielle Goitschel lui avait offertes. A vrai dire, l'anecdote pourrait paraître presque drôle et bon enfant, si Madame la Ministre avait pris le temps d'analyser un peu mieux les résultats de l'équipe de France, avant de s'autosatisfaire de la réussite nationale (et j'aurais dit la même chose à un ministre de gauche).
40 médailles :
"C'est un bilan extraordinaire !" (Roselyne Bachelot dans Le Parisien)
"On a pulvérisé tous les records !" (Roselyne Bachelot dans Le Parisien)
"Je suis satisfaite." (Roselyne Bachelot sur RTL)
Effectivement, 40 médailles, c'est un bon résultat, que la France n'avait pas connu depuis fort longtemps et qui s'approche du record d'Anvers en 1920 (41 médailles).
C'est également mieux qu'à Athènes en 2004 ou à Sydney en 2000 où la France n'avait récolté respectivement que 33 et 38 récompenses.
Et pourtant, cette bonne performance me laisse un goût plutôt amer.
Amer, car ce qui compte vraiment, c'est le nombre de médailles d'or. Le nombre de victoires. Et là, dure est la réalité : 7 seulement (contre 15 à Atlanta 1996, 13 à Sydney 2000 ou encore 11 à Athènes 2004).
Amer, car la France, si elle reste dans les 7 premières nations mondiales au nombre de podiums obtenus, régresse à la 10e place au classement olympique (qui ne prend en compte que les médailles d'or). Derrière la Corée du Sud, derrière l'Italie.
Amer, car si l'on compare les résultats de la France avec les résultats de nations que l'on pourrait juger (démographiquement, socialement, économiquement) "équivalentes", comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, on découvre qu"un fossé s'est creusé.
Grande-Bretagne : 19 médailles d'or, 47 podiums, 4e
Allemagne : 16 médailles d'or, 41 podiums, 5e
Amer, car la France ne brille que dans 16 disciplines sur 37. Elle brille (ou presque) dans des disciplines où elle a toujours brillé : canoë, cyclisme, natation, escrime, tir, tir à l'arc, aviron, handball, judo. Et elle reste toujours absente dans un certain nombre de disciplines majeures : en particulier en athlétisme (1 médaille d'argent), en gymnastique (1 d'argent, 1 de bronze), en équitation (aucune récompense)...
Amer, car, une fois de plus, média et politiques annonçaient d'imparables et fantastiques victoires, avant même que les Jeux ne commencent. Et l'on a vu ce que cela a donné : fiasco de Manaudou, Flessel, Estanguet, Jossinet, Hardy, Diniz...
Je ne suis pas sportif de haut niveau, et je ne me permettrai pas de critiquer le travail de nos représentants dans l'arène, mais un travail de fond doit être réalisé sur :
- la formation des athlètes de haut niveau
- la pérennisation des athlètes en cours de réussite
- la "démédiatisation" des athlètes (qui passent parfois trop de temps à tourner des spots publicitaires ou à faire la une des journaux)
- la rage de vaincre. En France, on se contente d'être dans les 4 premiers (et souvent plus 4e que 1e). Il manque l'esprit de victoire. "Une finale, ça se gagne, ça ne se joue pas", aurait-dit Bruno Martini... C'est vrai en Grande-Bretagne ou en Allemagne, ça ne l'est pas toujours chez nous...
Toutefois, je tiens à exprimer mes félicitations aux athlètes décorés, français (Bernard, Chausson, Absalon, Jeannet...) ou non (Phelps, Bolt...), et leur exprimer toute ma gratitude pour les moments exceptionnels qu'ils m'ont fait passer devant mon poste de télévision (en handball en particulier).
Mar 26 aoû 2008
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